Schiller a Gœthe
Iéna, le 2 septembre 1798.
Cette lettre vous sera remise par un négociant suédois, M. Lindahl. Il est très chaud pour la littérature allemande, il est très instruit, et semble être lié avec tout ce qui, en Suède, compte dans le monde savant. J'espère donc que vous lui réserverez l'accueil amical qu'il paraît mériter : j'aimerais aussi qu'il fît la connaissance de Meyer.
La couverture a fort joli aspect ; pour commencer, nous pourrons faire habiller de couvertures en couleurs les cent soixante-dix exemplaires sur velin. Il sera toujours temps, ensuite, d'en colorier
A SEPTEMBRE 1798 20ô
d'autres. Je trouve aussi que la couleur gris-jaune qui a été adoptée est très heureuse, sutout pour les exemplaires en couleurs. Pour ce qui est de ces derniers, peut-être pourrai-je expédier d'ici un papier un peu meilleur ; autrement, celui dont vous m'envoyez un échantillon peut fort bien aller. Cotta ne trouvera sûrement pas le coût total trop élevé. Je vous retournerai demain les spécimens de couvertures et de papier, parce que je ne veux pas infliger à notre étranger une lettre trop encombrante.
Le temps s'est enfin modifié dans le bon sens, ce qui me détermine à prendre très au sérieux ma résolution d'aller à Weimar, probablement jeudi (1).
Adieu. — Sch.