Schiller a Gœthe
Iéna, le 12 février 1796.
Merci mille fois pour la peine que vous ont donnée les papiers peints et le reste. Les bordures feront très bien. Je me réjouis d'avance à l'idée des murs égayés dont je vais désormais être entouré.
J'ai eu de nouveau, cette semaine, bon nombre de nuits sans sommeil, et j'ai été repris par mes spasmes. Je ne suis pas encore en bien meilleur état, et mes travaux n'ont guère avancé : il est probable que vous m'avez maintenant dépassé, pour les xénies.
Si au moins j'avais perdu mon temps d'une manière plus gaie I
Humboldt vous écrira sans doute demain luimême. Il m'a écrit dernièrement qu'il n'est pas possible en ce moment d'expédier du caviar.
Voulez-vous avoir la bonté, lorsque vous viendrez, d'apporter : 1° quelques paysages de lune, et 2° le recueil des comédies de ces dernières années.
J'ai fait paraître pour la dernière fois un livre dont j'ai commencé hier la lecture. C'est un nouveau volume de ma collection de . mémoires (1) ; il contient des anecdotes de Brantôme. Elles sont souvent très candidement naïves, et, si elles traitent bien gauchement leur sujet, elles n'en caractérisent que mieux Fauteur. Cette collection porte toujours mon nom, bien que je m'en sois déchargé publiquement (2). Voilà encore qui est du vrai germanisme.
(1) Le tome X de la seconde série de la Collection générale de Mémoires historiques, publiée sous la direction nominale de Schil]< r.
(2) Dana la préface au huitième volume.
Adieu. J'ai beaucoup de joie à la pensée de vous voir arriver. — Sch.