‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 144 sur 199 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Je souhaite bien vivement que vous ne soyez pas par trop impatient d'avoir les Elégies; car je ne sais plus comment faire pour être prêt. Voilà huit jours que je confère là-dessus avec Knebel, si bien que la copie est toute maculée et qu'il esl indispen-

(1) 15 février.

sable qu'on en fasse une nouvelle. S'il était possible d'accorder un délai d'une huitaine, to.ut irait bien. Le carnaval continue à me mettre à la torture, et la nouvelle arrivée de princes étrangers est venue bousculer et multiplier nos festivités théâtrales et chorégraphiques.

Comme je ne vois pas la possibilité de vous donner quoi que ce soit pour le troisième numéro, j'ai passé en revue mes vieux papiers, et j'y ai trouvé des choses assez drôles, mais généralement si personnelles et d'un intérêt si momentané qu'il n'est pas possible d'en faire usage. Pour faire tout au moins preuve de bonne volonté, je vous envoie un Voyage en Suisse, qui a un caractère très subjectif (1). Voyez vous-même dans quelle mesure on peut l'utiliser ; cela irait peut-être si l'on trouvait quelque conte passionné que l'on pût y joindre. Tous ces pays ont été cent fois visités et cent fois décrits, mais on y retourne toujours, et on en lit volontiers la description une fois de plus. Dites-moi ce que vous en pensez. Il va de soi qu'il faudrait effacer tout ce qui trahit des personnes réelles.

Adieu. J'attends avec une vive impatien.ee le moment de vous revoir.

J'ai une nouvelle lettre de Meyer : il fait des démarches pour obtenir l'autorisation de copier les Noces aldobrandines. Combien je souhaiterais que nous eussions en notre possession cette œuvre admirable ! Ce qu'il disait des peintures qui représentent la métaphysique de Kant est parfaitement exact ; il en a été question déjà dans le Mercure (2), mais

(1) Ce sont les Lettres de Suisse; la seconde partie parut seule dans le huitième numéro des Heures pour 1796, sous le titre de « Lettres d'un voyage au Gothard ».

(2) Neuer teutscher Merkur, t. II de 1795, p. 163, article de Fernow sur les tableaux de Carstens ; voir ci-dessus, lettre 148.

Particle m'a malheureusement échappé. — Weimar, h 12 février 1796. — G.

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