‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 147 sur 199 · DÉBUT DE MARS · texte numérisé non relu

DÉBUT DE MARS

avez de nouveau tant souffert, et que la solitude ne vous favorise pas, tandis que la dispersion me retranche d'une activité qui serait si nécessaire. J'aurai plaisir à recevoir une fois ou l'autre quelques lignes de Humboldt ; il a très bien fait de ne pas se risquer, par ce temps mou, à faire un envoi de caviar.

Du Voyage en Suisse que je vous ai expédié hier, il y aurait peut-être moyen de détacher et de donner, sans aucun lien entre elles, les descriptions un peu étendues, par exemple le val de Moutiers, la vue de la crête du Jura, etc. Mais c'est vous qui êtes mieux que personne à même d'en juger : je n'ai pas eu le loisir de relire d'un bout à l'autre les cahiers que je vous ai adressés, et je ne puis me rendre compte s'ils ont quelque valeur ou s'ils sont dénués d'intérêt.

J'ai reçu une nouvelle lettre de Meyer. Il est probable qu'il travaille en ce moment aux Noces aldobrahdines. Il a élargi la méthode qu'il avait commencé d'appliquer, à Dresde, à l'étude de l'antique. Il m'écrit : « La grande affaire, c'est d'observer avec précision jusque dans le détail : le dessin des yeux, la manière dont les lignes s'élancent et se croisent, la manière dont la bouche est dessinée et modelée, dont les cheveux sont disposés, les connaissances dont disposait l'artiste, la théorie qui l'a guidé. » Il espère trouver à dire du nouveau de Raphaël luimême. — Weimar, le 13 février 1796. — G.

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