Schiller a Gœthe
Iéna, début de mars 1796 (1).
Je suis désolé que vous ne puissiez pas venir ce soir. Mon état de santé est très supportable, et
(1) Gœthe était à Iéna lorsque Schiller lui adressa ce billet. Il y était arrivé le 16 février, et il y séjourna jusqu'au 16 mars.
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îous aurions pu bavarder sur une masse de sujets.
Niethammer est justement là ; nous discutons sur la notion du droit, et, de temps à autre, on dit les choses assez raisonnables.
Il y a là aussi la petite danseuse de notre dernier >al (1).
Adieu. J'espère que demain soir vous n'en arriverez que plus tôt. — Sch.
L58. Schiller a Gœthe.
Iéna, le 18 mars 1796.
Depuis que vous n'êtes plus ici, j'ai continué à ne porter en somme assez bien, et j'aurai tout lieu le me tenir pour satisfait s'il en est de même à Weimar. J'ai pensé à mon Wallenstein, mais, autrenent, je n'ai rien fait. J'espère bien venir encore à uout de quelques xénies avant que. les astres écla- ;ants n'apparaissent dans notre ciel (2).
Les travaux d'approche qui préludent à cet ensemble complexe qu'est un drame impriment à âme un mouvement bien singulier. Déjà l'opéra- ;ion qui est la première de toutes, celle qui consiste I se tracer une marche à suivre pour éviter de tâtonjier à perte de vue, n'est pas une petite affaire. Je l'en suis encore qu'au squelette, et je me rends ïompte que tout en dépend, dans la construction iu drame aussi bien que dans la structure de l'homme. J'aimerais à savoir comment vous avez orocédé en pareil cas. Chez moi, l'émotion est au
(1) On ignore qui était cette « petite danseuse». Dans son ournal, Gœthe a noté, à la date du 6 mars : « le soir, club :t bal » ; s'il s'agissait de ce bal, la date du billet serait donc postérieure au 6 mars.
(2) C'est-à-dire avant l'arrivée d'Iffland, qui devait donner i Weimar, avec sa troupe, une série de représentations, auxquelles Schiller comptait assister. Il alla, en effet, s'installer i Weimar le 21 mars, et y resta jusqu'au 20 avril. Il y habita ihez Gœthe.