‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 33 sur 199 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Voici enfin le premier livre de Wilhélm Schiller, qui a trouvé moyen de s'adjuger, je ne sais trop comment, le nom de Meister (1). Malheureusement, vous ne verrez les deux premiers livres qu'après que le plomb de l'imprimerie les aura fixés dans leur forme définitive ; mais dites-moi néanmoins votre sentiment sincère, dites-moi ce qu'on souhaite ensuite et ce qu'on attend. Vous lirez les livres suivants sous la forme malléable du manuscrit, et vous ne me refuserez pas les conseils de votre amitié.

Je vais continuer de travailler tout doucettement aux Entretiens, mais, avant toute autre chose, il faut que j'achève la seconde Epître. J'espère qu'une fois que nous serons en train, tout ira bien et uniment.

(1) Jeu do mots sur le nom do Wilhclro Meister (maître), qui, dans les Années d'apprentissage, mériterait mieux le nom de Schiller (écolier).

Il se peut que Cotta ait ses raisons pour réclamer les noms ; il connaît son public, qui regarde à la marque plus qu'à la qualité de la chose. Je ne demande donc pas mieux qu'on laisse aux autres collaborateurs toute liberté de signer leurs articles ; seulement, pour ce qui est des miens, je demande instamment qu'ils paraissent tous anonymes ; c'est à cette unique condition qu'il me sera possible, avec mes obligations de tout ordre, de collaborer à votre revue en toute liberté et au gré de mon caprice.

Voulez-vous avoir la bonté, si, en lisant le roman, vous rencontrez des fautes d'impression ou quoi que ce soit d'autre, de marquer l'endroit d'un coup de crayon?

Je souhaite vivement de lire bientôt quelque chose de vous, et surtout de vous voir peut-être un peu de temps, une fois passé le jour de l'an.

Meyer vous envoie ses meilleurs compliments, et moi, je me recommande à votre souvenir. — Weimar, le 6 décembre 1794. — G.

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