Gœthe a Schiller
Le bon certificat que vous donnez au premier livre de mon roman m'a fait beaucoup de bien. Après les destinées singulières qu'a eues cette production, du fait de circonstances les unes intérieures, les autres extérieures, il n'y eût rien eu de surprenant
(1) Tous les articles des Heures parurent anonymes.
(2) Il y avait à Iéna deux Hufeland, l'un professeur de ■ droit, l'autre médecin.
à ce que j'eusse totalement perdu le fil. J'ai fini par me tenir d'aussi près que possible à mon idée, et vous me ferez plaisir si vous m'aidez à sortir de ce labyrinthe.
Gardez le premier livre tant que vous voudrez ; vous recevrez entre temps le second, et vous lirez le troisième en manuscrit ; vous aurez ainsi des points de repère plus nombreux pour en juger. Je souhaite que votre plaisir n'aille pas s'amoindrissant avec les livres suivants, et je voudrais au contraire qu'il s'accrût. Maintenant que j'ai, avec votre approbation, celle de M. de Humboldt, je poursuivrai la besogne avec d'autant plus de zèle et de suite.
On ne pourra évidemment faire autrement que de révéler les noms dans les comptes-rendus ; mais l'anonymat des articles a sûrement l'avantage de piquer la curiosité ; seulement, il faut que les articles soient intéressants.
Me voilà tranquillisé sur l'histoire de la Clairon ; à présent, n'en parlez plus, jusqu'au jour où nous la publierons.
Adieu. J'espère bien qu'il me sera possible de commencer avec vous la nouvelle année (1). — Weimar, le 10 décembre 1794. — G.