Schiller a Gœthe
Iéna, le 22 décembre 1794.
Voici enfin qui vous donnera une idée vivante de nos Heures (2), et j'espère que vous en serez satisfait. La justification est un peu dense, ce dont le public profitera plus que nous. Mais, dans la suite, surtout pour les morceaux poétiques, on pourra changer et se donner un peu plus d'espace. Pour le premier
(1) Le 17, Goethe et Mcyer allèrent à Iéna, où ils restèrent jusqu'au 19.
(2) Les premières feuilles tirées du premier numéro.
début, il ne me déplaît pas que les grands articles paraissent ainsi un peu ramassés. Je verrai à obtenir que Gotta trouve le moyen de dédommager ceux d'entre nous dont la collaboration est abondante, et pour qui la densité plus grande de la composition est en somme de quelque conséquence. Notre contrat prévoit bien qu'au-dessus d'une vente de deux mille exemplaires nous serons mieux payés ; mais il faut tout de même qu'il fasse quelque chose de plus.
J'espère que vous ne trouverez pas de fautes d'impression. Je n'en ai du moins pas rencontré une seule. Le caractère et le format donnent à la brochure un aspect de bonne qualité et un air durable, et tranchent avantageusement sur la masse des revues. Le papier aussi est solide, et annonce le dessein de résister au temps.
Cotta réclame instamment de la copie pour le numéro 2 ; il faut donc que je vous tourmente pour avoir la seconde Epître*
Veuillez me retourner ces feuilles. M. Schùtz, qui fera le compte-rendu du premier numéro, voudrait bien lire les feuilles une à une. J'ai donné ordre qu'on m*envoyât aussi une épreuve de la couverture, et je l'aurai dans une huitaine.
Je me réjouis sincèrement à la pensée de votre retour prochain à Iéna. Mme de Kalb (1) est ici depuis quelques jours. — Sch.