‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 45 sur 199 · Schiller a Gœthe · texte numérisé non relu

Schiller a Gœthe

Iéna, le 28 janvier 1795.

Je vous suis très obligé d'avoir bien voulu faire remettre en mon nom au duc un exemplaire des Heures. En voici un en remplacement ; j'en attends d'autres de Cotta pour samedi prochain, et j'en joindrai quelques-uns pour vous au paquet de Jacobi.

J'ai écrit aujourd'hui au duc (3). Je saurai sûre-

(1) En vue de la fête anniversaire de la duchesse, qui tombait le 30 janvier.

(2) L'article de Humboldt, sur « La sexualité et son action sur la nature organique », parut dans le deuxième numéro des Heures pour 1795.

(3) La lettre est perdue.

ment par vous ce qu'il aura dit de nos Heures.

Je viens enfin de lire en manuscrit le remarquable compte-rendu des Heures par Schùtz (1). Il est mieux fait pour servir nos desseins que pour flatter notre goût. Il est probable qu'en l'écrivant il avait encore l'imagination toute farcie des scènes d'Utopie (2), car il y est abondamment question de mangeaille. Il est très bon qu'il ait cité bon nombre de passages de YEpître. Il me prendra à partie dans son article, mais il n'a pas voulu me faire voir le passage, pour ne pas être taxé de collusion. C'est tant mieux s'il parvient ainsi à donner habilement au public l'idée qu'il est impartial.

J'ai écrit à Herder ces jours-ci ; je vous demande, si vous en trouvez l'occasion, d'appuyer auprès de lui la prière que je lui adresse.

Depuis votre départ, les muses n'ont guère consenti à fréquenter chez moi ; il faut absolument que cela change, si je veux ne pas déshonorer le Centaure (3) que sera notre quatrième numéro.

Les enfants ont pris la petite vérole ; forme bénigne, sans rien de fâcheux. Tout le monde vous envoie ses meilleurs compliments. — Sch.

Page 1