‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 89 sur 199 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Au sortir de l'oisiveté mondaine de Carlsbad, je ne pouvais rêver de passer à une existence qui fût avec celle-là en un contraste plus accusé que ne l'est l'activité de cet Ilmenau, si solitaire, si écarté. Les quelques jours que je viens d'y passer ont coulé avec une rapidité extrême, et il est nécessaire que j'y reste encore une bonne huitaine, si je tiens à voir

(1) 24 août.

(2) Ou plutôt « le 25 août », car Schiller dit avoir reçu ce billet le 26.

suffisamment clair dans les affaires d'ici. Je m'y suis toujours retrouvé avec plaisir, et aujourd'hui autant que les autres fois ; je crois qu'il faut ^n chercher la raison dans la parfaite harmonie de toutes choses, contrée, hommes, climat, faits et gestes. Un effort tranquille, mesuré, sagement réglé ; partout la substitution graduelle de la machine au travail humain ; une solitude lointaine, et pourtant des rapports plus actifs avec le reste du monde que ceux de mainte petite ville sise en pays de plaine et d'accès aisé. Aussi ne m'est-il encore venu à l'esprit la moindre pensée qui n'eût trait aux choses d'ici ; mais il y avait aussi grande urgence à ce que je pusse m'acquitter de ce devoir avant la venue de l'hiver. — Adieu, portez-vous bien, vous qui vivez en de tout autres régions, et pensez à moi, vous et. les vôtres. — Ilmenau, le 29 août 1795. — G.

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