Schiller a Gœthe
Iéna, le 13 septembre 1795.
Un simple signe de vie, très bref. Je n'arrive pas à m'habituer à rester huit jours sans vous donner signe de vie et sans rien recevoir de vous.
Autrement, pour ce qui est de moi, tout en est toujours en même point, le bon comme le mauvais} Il m'est toujours impossible de quitter ma chambre, , mais mes divers travaux n'en vont pas moins leur train. Quant à vous, j'imagine que vous êtes en ce moment occupé uniquement à munir d'instructions Meyer, qui doit être sur son départ (2). Faites-lui bien toutes mes meilleures amitiés.
J'aimerais à savoir si c'est bien près de Vicence qu'il y a un beau pont à arche unique, jeté, je pense, sur l'Adige. Renseignez-moi donc d'un mot. J'aurai» besoin de ce pont pour un de mes hexamètres.
Si seulement vous vouliez bien vous résoudre
(1) On le tixmvera à la suite de la lettre suivante, où il a sans doute été transporté par erreur.
(2) Pour l'Italie. Gœthe songeait à lui faire recueillir les matériaux d'une sorte de guide artistique d'Italie, qu'ils eussent ensuite rédigé ensemble.
à me faire encore, pour les trois derniers numéros de l'année, l'aumône d'une douzaine d'épigrammes ou de menues pièces analogues 1 Je m'en vais insister également auprès de Herder, et tâcher d'attraper moi-même au vol quelques idées qui puissent servir à cette même fin. Des petites choses de ce jenre font nombre, à bon marché, sont un plaisir pour tous les lecteurs, et font au sommaire des numéros un aussi bel effet décoratif que les grandes. C'est ainsi que je suis arrivé à ce beau résultat que le neuvième numéro contient dix-sept articles.
Le dernier numéro des Archives du temps présent publie une réplique à votre article sur le Sans-culotlisme en littérature (1). Mais je ne l'ai pas lu encore, bt je ne le connais que par l'annonce qu'en a faite a Gazette de Hambourg. Si le numéro vous parvient >es jours-ci à Weimar, ayez donc la bonté de me le communiquer.
\JAlmanach est sur ses pieds, et doit être en ce rnoment même sous presse. — Humboldt sera de etour ici dans trois semaines, si rien ne vient à la traverse.
Ma femme vous envoie ses meilleures amitiés. Me travaillez pas trop, et ne restez pas trop long- ;emps sans venir à Iéna. — Sch.