CHAPITRE DU 29 OCTOBRE i
Respect dû à M. le prieur. — Avertissements au chapitre. — Condescendance envers les retraitants. — Ponctualité. — Garder le secret sur ce qui se ;dit au chapitre. — Fuir l’esprit de murmure.
Sur ce qu’un frère s’accusa d’avoir parlé un peu insolemment à 1VI. le prieur * 1t Monsieur Vincent dit que cette faute extrême (ainsi rappelait-il) n’avait pas été toute seule et quelle avait été précédée sans doute de beaucoup d’autres manquements de respect et paroles irrévérentes envers ceux de la maison, avant qu’il en soit venu à cette extrémité. Il releva fort cette faute, ajoutant que nous devions considérer M. le prieur comme notre père.
Sur ce qu’un autre s’accusa d’avoir donné des avertissements en des choses où il avait intérêt, M. Vincent dit, premièrement, que c’était un bon signe; que celuilà avai/t envie de s’avancer en La vertu, qui fait des avertissements, et que c’était une vertu, mais qu’elle consistait dans le milieu, parce que les deux extrémités étaient vicieuses. Il dit qu’il avait remarqué que, s’il y avait des esprits discords, mal faits et mal mortifiés dans une communauté, c’étaient ceux qui ne donnaient jamais d’avertissements, de peur d’en recevoir. Il dit aussi qu’il y avait du péril à trop avertir; et pour cela, il régla que l’on n’avertirait tout au plus une personne que deux fois, et encore qu’il n’y faudrait revenir la deuxième fois qu’après une mûre délibération et un ample examen de l’action ou chose de laquelle on veut avertir. Et pour examiner un avertissement et le faire légitimement, il dit qu’il fallait observer ces circon-
Entretien 85. — Recueil de diverses exhortations , p. 1.