‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 104 sur 280 · Adrien Le Bon · texte numérisé non relu

Adrien Le Bon

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stances : i° s’il n’y avait point d’antipathie, et si cette antipathie n’était point cause de l’avertissement que nous donnons; 2° si nous n’avons pas d’intérêt dans la chose; 30 voir si c’est une vraie faute; et si c’est en choses moindres, s’assurer si on ne l’a pas faite par précipitation; que si on ne l’avait faite qu’une ou deux fois, ne pas avertir; il n’y a pas de si grand saint qui ne fasse quelque faute; 40 voir si ce n’est pas par quelque mouvement de revanche, pour donner le change à notre frère, en suite d’un avertissement qu’il nous aurait fait. Il a dit aussi que quelquefois il ne fallait pas avertir de la tristesse du visage, parce que cela peut arriver de ce que celui qui nous paraît triste se récollige.

Il dit aussi qu’il fallait que nous prissions garde de mentir quand nous disions, en avertissant notre frère, que nous le faisons en esprit d’humilité et de charité; ce qui peut arriver si l’une des quatre circonstances susdites y manque. Or, avertir en esprit d’humilité et de charité, c’est s’estimer plus criminel que celui qu’on accuse, ou contre lequel nous portons témoignage en l’avertissant de ses fautes, et le faire dans le désir de lui procurer sa perfection.

Sur ce que l’on s’accusa d’avoir remis un exercitant à un autre jour que celui auquel il avait désiré commencer ses exercices, sous prétexte qu’il y en avait trop, M. Vincent dit qu’il fallait honorer la grande bonté de Xotre-Seigneur, qui donnait accès auprès de lui aux pénitents, a quelque temps qu’ils se présentassent.

‘ appela une sainte incivilité de laisser une compagne lorsque la cloche nous appelait à quelque exercice, (h quelque qualité que fussent les personnes avec lesquelles on s’entretient pour lors.

Monsieur Vincent recommanda qu’on ne s’entretînt

<111 dedans, ni au dehors, de ce qui avait été dit au

chapitre, quoiqu’ anciennement les premiers chrétiens le fissent et déclarassent publiquement leurs fautes. Mais, depuis, par malheur, qu’il en arriva quelque scandale, il fut ordonné qu’on se confesserait auriculairement et en particulier; et il dit que la façon de vivre en communauté était l’image de la façon de faire des premiers chrétiens, qui, pour être reçus dans l’Eglise, quittaient leurs biens et les apportaient aux pieds des apôtres. Il dit aussi qu’il fallait se garder de l’esprit de murmure, entièrement contraire à celui de la charité, qui lie les cœurs par affection et cordialité, et que c’était cet esprit qui était cause de tout le désordre que le péché d’Adam nous avait apporté.

88. — CONFÉRENCE DU 29 OCTOBRE i638 SUR LA PERSÉVÉRANCE BANS SA VOCATION

i° C’est Dieu qui nous a appelés et qui de toute éternité nous a destinés pour être missionnaires, ne nous ayant fait naître ni cent ans avant, ni cent ans après, mais précisément dans le temps de l’institution de cette profession; et par conséquent, nous ne devons chercher, ni espérer repos, contentement et bénédictions ailleurs que dans la Mission, puisque ce n’est que là que Dieu nous veut et nous désire, en présumant, bien entendu, que notre vocation est bonne, et non pas fondée sur l’intérêt, ni pour s’exempter des incommodités de la vie, ou pour tout autre respect humain.

20 Nous sommes les premiers appelés. On appelle les premiers d’une congrégation ceux qui y entrent durant le premier siècle de son établissement, qui est Ordinaire-

Entretien 86. — Recueil de diverses exhortations , p. 3.

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ment de cent ans. Puisque donc nous sommes les premiers choisis pour ramener en la bergerie les brebis égarées, si nous en fuyons, que sera-ce? Où pensons-nous aller? Quo ibo a spiritu tuo et quo a fade tua fugiam x? Si un roi avait choisi quelques soldats entre les autres pour donner les premiers 1 assaut, cet honneur ne leur serait-il pas un puissant motif pour leur faire perdre l’envie de lâcher pied ?

3° Nous sommes en cette vocation fort conformes à Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, ce semble, avait fait son principal, en venant au monde, d’assister les pauvres et d’en prendre le soin. Misit me evan gelizar e pauperibus1 2. Et si on demande à Notre Seigneur : « Qu’êtes-vous venu faire en terre? » - — - « Assister les pauvres. » — « Autre chose? » — « Assister les pauvres », etc. Or, il n’avait en sa compagnie que des pauvres et s’adonnait fort peu aux villes, conversant presque toujours parmi les villageois et les instruisant. Ainsi ne sommes-nous pas bien heureux d’être en la Mission pour la même fin qui a engagé Dieu à se faire homme? Et si l’on interrogeait un missionnaire, ne lui serait-ce pas un grand honneur de pouvoir dire avec Notre-Seigneur : Misit me evan gelizar e pauperibus? C’est pour catéchiser, instruire, confesser, assister les pauvres que je suis ici. Or, cette conformité avec Notre-Seigneur, qu’entraîne-t-elle avec elle, sinon vi prédestination? Nam quos praescivit et praedestinavit conformes feri imaginis Filii sui3. Si nous quittons notre vocation, il est bien à craindre que ce ne soit la chair ou le diable qui nous en retire. Voulons-nous leur ooéir? Gai, puisque Dieu nous y a appelés, il n’y a pas c apparence que ce soit lui qui nous en retire. Dieu ne

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