‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 125 sur 280 · Livre des Psaumes CXXIV · texte numérisé non relu

Livre des Psaumes CXXIV

comme je vous dis, que ce sont là des accessoires à notre principal.

2° Quelqu’un pourrait encore s’excuser sur son âge. Pour moi, nonobstant mon âge, devant Dieu je ne me sens point excusé de 1 obligation que j ai de travailler au salut de ces pauvres gens; car qui pourrait m’en empêcher? Si je ne pouvais prêcher tous les jours, eh bien! je le ferais deux fois la semaine; si je ne pouvais aller aux grandes chaires, je tâcherais d’avoir les petites; que si encore on ne m’entendait pas à ces petites, qui m’empêcherait de parler bonnement et familièrement à ces bonnes gens, comme je vous parle a présent, les faisant approcher en rond comme vous êtes?

O mes frères, je sais des vieillards qui, au jour du jugement, s’élèveront contre nous, entre autres un saint homme, un bon Père jésuite, qui avait prêché à la cour pendant près de dix ans. Ayant près de soixante ans, il eut une maladie qui le mena à deux doigts de la mort, et comme Dieu lui ht connaître la vanité de ses discours relevés et de ses fanfares, qui délectent bien, mais profitent peu, et qu’il lui en donna des remords de conscience, étant revenu en santé, il demanda permission d’aller à la campagne catéchiser et prêcher familièrement ces bons paysans, et y persévéra pendant vingt ans jusqu’à la mort. Avant de mourir, il demanda qu’on lui fit une faveur après sa mort, savoir d'enterrer avec son corps la baguette avec laquelle il appelait les enfants, comme c’est la coutume de ces paysans-là, pour les faire répondre au catéchisme, afin que cette baguette, disait-il, rendît témoignage comment il avait quitté la cour pour suivre Notre-Seigneur dans la campagne.

3 On pourrait encore alléguer que l’on abrégerait ses jours. O mes frères ! eh quoi ! est-ce un malheur à une

épouse exilée de se réunir à son époux ? Est-ce un malheur au voyageur de se rapprocher de son pays? Est-ce un malheur à ceux qui naviguent d’approcher du port? Quoi! a-t-on peur qu’une chose que nous ne saurions assez désirer et qui n’arrive toujours que trop tard, arrive?

Enfin M. Vincent conclut ainsi, parlant à nos bons frères :

Ce que je dis aux prêtres, je le dis à tous tant que vous êtes, mes frères ; ne croyez pas que vous soyez exempts des obligations de travailler au salut des pauvres, car vous le pouvez faire en votre façon peut-être aussi bien que les prédicateurs mêmes et moins dangereusement pour vous. Au reste, vous y êtes obligés. La même obligation qu’avait la tête de Notre-Seigneur de porter la couronne d’épines pour nous racheter, la même avaient les pieds de porter et souffrir les clous avec lesquels ils étaient attachés à la croix; et de même façon que la tête tut récompensée, les pieds le furent, et partagèrent ensemble la gloire également.

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