‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 14 sur 280 · XI · texte numérisé non relu

XI

gner pour les instruire de sa doctrine et pour les laver dans les fontaines de son précieux sang. Mais, voulonsnous qu’il nous fasse cette grâce, travaillons à l’humilité; car d’autant plus que quelqu’un sera humble, d’autant plus sera-t-il charitable envers le prochain. Le paradis des communautés, c’est la charité; et la charité est l’âme des vertus, et c’est l’humilité qui les attire et qui les garde. Il en est des Compagnies humbles comme des vallées, qui attirent sur elles tout le suc des montagnes : dès que nous serons vides de nous-mêmes, Dieu nous remplira de lui ; car il ne peut souffrir le vide.

Humilions-nous donc, mes frères, de ce que Dieu a jeté les yeux sur cette petite Compagnie pour servir son Eglise, si toutefois on peut appeler Compagnie une poignée de gens, pauvres de naissance, de science et de vertu, la lie, la balayure et le rebut du monde. Je prie Dieu tous les jours, deux ou trois fois, qu’il nous anéantisse si nous ne sommes utiles pour sa gloire. Quoi ! Messieurs, voudrions-nous être au monde sans plaire à Dieu et sans lui procurer sa plus grande gloire !

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