‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 17 sur 280 · SUR LA FORMATION DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

SUR LA FORMATION DU CLERGÉ

Le caractère des prêtres est une participation du sacerdoce du Fils de Dieu, qui leur a donné le pouvoir de sacrifier son propre corps et de le donner en viande, afin que ceux qui en mangeront vivent éternellement. C’est un caractère tout divin et incomparable, une puissance sur le corps de Jésus-Christ que les anges admirent, et un pouvoir de remettre les péchés des hommes, qui est pour eux un grand sujet d’étonnement et de reconnaissance. Y a-t-il rien de plus grand et de plus admirable? Oh! Messieurs, qu’un bon prêtre est une grande chose! Que ne peut pas faire un bon ecclésiastique ! Quelles conversions ne peut-il pas procurer ! Voyez Monsieur Bourdoise, cet excellent prêtre; que ne fait-il pas, et que ne peut-il pas faire! Des prêtres dépend le bonheur du christianisme; car les bons paroissiens voient-ils un bon ecclésiastique, un charitable pasteur, ils l’honorent et suivent sa voix, ils tâchent de l’imiter. Oh ! que nous devons tâcher de les rendre tous bons, puisque c’est là notre emploi, et que le sacerdoce est une chose si relevée !

Mais, mon Sauveur! si un bon prêtre peut faire de grands biens, oh ! qu’un mauvais apporte de mal quand il s’y adonne! O Dieu! qu’on a de peine à le remettre en bon état ! O mon Sauveur ! combien doivent les pauvres missionnaires se donner à vous pour contribuer à former de bons ecclésiastiques, puisque c’est l’ouvrage le plus difficile, le plus relevé, et le plus important pour

Entretien 4. — Abelly, op. cil., 1. II, chap. v, p. 298.

1. Cet entretien est antérieur au 19 juillet 1655, jour de la mort d’Adrien Bourdoise.

le salut des âmes et pour l’avancement du christianisme !

Si saint Vincent Ferrier s’animait à la perfection, en vue de ce que Dieu susciterait un jour de bons prêtres et ouvriers apostoliques pour relever l’état ecclésiastique et pour disposer les hommes au jugement dernier, à combien plus forte raison nous autres, qui voyons de nos jours l’état ecclésiastique se remettre, devons-nous nous animer de plus en plus à nous perfectionner, pour coopérer à ce tant désirable rétablissement

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