‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 172 sur 280 · Saint François de Sales · texte numérisé non relu

Saint François de Sales

par sa grande miséricorde. Il ne refuse jamais quand on le prie avec humilité et confiance. S’il n’accorde pas d’abord, c'est quelque temps après. Il faut persévérer et ne point se décourager; et si nous n’avons pas maintenant cet esprit de Dieu, par sa miséricorde il nous le donnera, si nous tenons bon, peut-être dans trois, dans quatre mois d’ici, plus ou moins, dans un an, dans deux. Soyons, quoi qu’il arrive, bien résignés à la Providence, espérons tout de sa libéralité, laissons-la faire, ayons toujours bon courage. Oh! quand Dieu, par sa bonté, fait quelque grâce à quelqu’un, ce qu’il estimait difficile lui devient si aisé que là même où il avait tant de peine, c’est là justement qu’il trouve du plaisir; il est justement tout étonné en lui-même de ce changement inespéré. Hic est digitus Deiy haec mutatio dexterae Excelsi 4. C’est pour lors qu’on se sent sans peine en la présence de Dieu ; elle devient comme naturelle, ne cesse jamais; et cela même se fait avec beaucoup de satisfaction. Il ne faut pas s’efforcer, former en son intérieur des paroles distinctes, par où l’on se gâte l’estomac; Dieu entend fort bien sans parler, il voit tous les ressorts de nos cœurs, il connaît tous nos sentiments jusqu’au moindre.

O Sauveur, nous n’avons que faire d’ouvrir la bouche pour vous découvrir nos besoins; vous entendez le plus doux soupir, le plus petit mouvement de notre âme, et par un doux et amoureux élan on attire sur soi plus de grâces et de bénédictions sans comparaison qu’avec ces extrêmes violences. O Sauveur, vous savez ce que mon cœur veut dire; il s’adresse à vous, fontaine des miséricordes; vous voyez ses désirs; ah! ils ne tendent qu’a vous, ils n'aspirent qu’à vous, ils ne veulent que

Page 1