‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 216 sur 280 · Philippe-Ignace Boucher · texte numérisé non relu

Philippe-Ignace Boucher

votre directeur, d’aller entendre l’entretien qui se faisait à messieurs les ordinands, cela vous ayant été refusé, pource que ce n’est pas la coutume que, pendant que l’on est au séminaire, on aille entendre les exhortations qui se font aux ordinations, nonobstant cela vous n'avez pas laissé d’y aller. C’est de cette faute-là, mon frère, qu’il fallait vous accuser. Une désobéissance formelle à son directeur, et une. désobéissance commise par une personne qui est ancienne ade vingt et un ou vingtdeux mois au séminaire! Hélas! mon pauvre frère, si, pendant que vous êtes encore dans le berceau, vous faites cela, que doit-on attendre de vous, mon frère, lorsque vous en serez dehors ? Sur quoi pensez-vous que se doit fonder la Compagnie pour vous y recevoir au bout de deux ans, puisque voilà que vous manquez à ce qui est de plus précis et nécessaire à une personne qui veut vivre dans une communauté, qui est l’obéissance et la soumission ? Que fera-t-on de vous ? A quoi, je vous prie, serez-vous bon sinon à donner de la peine aux supérieurs? Hélas! qu’avez- vous fait depuis que vous êtes au séminaire ? A quoi avez-vous employé votre temps, puisque depuis vingt et un ou vingt-deux mois qu’il y a que vous y êtes, vous n’avez point encore pu gagner sur vous de vous soumettre?

Il y a dans la Compagnie un certain 2 qui ne veut faire que ce qui lui plaît et ce qu’il a dans la fantaisie : à l’oraison, quand il lui plaît; deçà, delà; cherchoter de côté et d’autre; visiter et fouiller dans les chambres des autres; feuilleter leurs papiers; jusque-là même qu’il a été si mal avisé que d’avoir été, ces jours passés, dans la chambre d’un conseiller, qui faisait sa retraite céans, fouiller parmi ses papiers dans sa chambre.

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