En marge : Un prêtre
Ou’est-ce que cela, Messieurs? N’est-ce pas là être écervelé ?
Il y en a encore un autre de cette trempe-là dans la Compagnie, qui ne veut que ce qu’il veut. Aller en mission, si cela ne lui agrée, il n’y veut point aller. Enfin c’est pitié que de voir comme ils sont faits. Voilà, mon frère, le chemin que vous prenez, qui est d’être à scandale à toute la Compagnie. Que fera-t-on à ces gens-là, sinon de prier Dieu qu’il les touche et leur fasse connaître le désordre dans lequel ils sont? Car il faut que Dieu fasse cela lui-même, puisque les avertissements n’y font rien. Or, mon frère, afin de réparer cette faute et que l’on puisse voir si l’on vous recevra ou non, vous demeurerez au séminaire six mois au delà du temps de vos deux ans, c’est-à-dire qu’au lieu de deux ans vous y serez deux ans et demi. Allez, mon frère, travaillez bien à vous mortifier et mettez-vous en peine de donner lieu à la Compagnie de vous recevoir à la fin de ce temps-là 3.
Il est à remarquer ici que, pendant que M. Vincent parla, il ne voulut donner congé à qui que ce soit, pas même à aucun prêtre de la Compagnie, de sortir du chœur de l’église, qu’il n’eût achevé de faire cet avertissement-là, nonobstant que plusieurs personnes, tant prêtres que frères, se fussent présentées à lui pour cela, à l’effet d’aller où leurs emplois ou offices desordinands les appelaient; ce qu’il n’avait point observé si exactement, à ce que j’ai remarqué, depuis longtemps, ce me semble; en ayant usé de la sorte en cette occasion peut-être à cause qu’il s’agissait d’une désobéissance et de sujets de scandale.
3. ï^n marge : Nota que ledit frère est sorti de la Compagnie bientôt après avoir été promu aux ordres sacrés, c’est à savoir en l’année 1660.
Quelques jours auparavant, il dit à la Compagnie que tout autant de passions et inclinations mauvaises et déréglées qu’ont les hommes, ce sont autant de démons qui les tyrannisent.