Mort le 2 avril
œil qu’il les regardait, si nous en parlions avec le sentiment qu’il en parlait, et si nos oreilles n’étaient ouvertes qu’aux vérités éternelles, non plus que les miennes, la vanité n’aurait garde d’occuper nos sens et nos esprits.
Mais suTtout, Messieurs, si nous considérons bien ce beau tableau que nous avons devant les yeux, cet admirable original de l’humilité, Notre-Seigneur Jésus- Christ, se pourrait-il faire que nous donnassions entrée en nos esprits à aucune bonne opinion de nous-mêmes, nous voyant si fort éloignés de ses prodigieux abaissements? Serions-nous si téméraires que de nous préférer aux autres, voyant qu’il a été postposé à un meurtrier? Aurions-nous quelque crainte d’être reconnus pour misérables, voyant l’innocent traité comme un malfaiteur, et mourir entre deux criminels comme le plus coupable ? Prions Dieu, Messieurs, qu’il nous préserve de cet aveuglement; demandons-lui la grâce de tendre toujours en bas; confessons devant lui et devant les hommes que nous ne sommes de nous-mêmes que péché, qu’ignorance et que malice : souhaitons qu’on le croie, qu’on le dise et qu’on nous en méprise. Enfin ne perdons aucune occasion de nous anéantir par cette sainte vertu.
Mais ce n’est pas encore assez de s’y affectionner et de s’y résoudre, comme plusieurs le font; il faut se faire violence pour venir à la pratique des actes; et c’est ce qu’on ne fait pas assez.