RÉPÉTITION D’ORAISON DU ier NOVEMBRE i
Fête de la Toussaint. — L'humilité. — Mort de Dermot Du’^uin.
Après que notre très honoré Père eut fait répéter à
Entretien 175. — Manuscrit des répétitions d’oraison, f° 63
trois ou quatre personnes de la Compagnie les pensées que Dieu leur avait données en l’oraison, il dit à la Compagnie qu’elle devait s’élever à Dieu en ce saint jour de tous les saints et lui demander ses grâces et les besoins d’un chacun en particulier et pour la Compagnie en général. Voyez-vous, dit-il, Notre-Seigneur a coutume de verser ses grâces en plus grande abondance en ce jour sur les fidèles qui les lui demandent comme il faut, et cela par l’entremise de tous les saints; car, comme il y a plus d’intercesseurs pour nous auprès de Dieu, aussi ne devons-nous pas douter que les grâces qu’il verse sur les fidèles en ce jour, ne soient bien plus abondantes qu’aux autres fêtes particulières des saints. Ce que nous devons donc faire, Messieurs et mes frères, c’est de remercier sa divine Majesté de tous les dons et grâces qu’elle a eu agréable de faire à tous les saints en général qui sont là-haut au ciel, et à chacun d’eux en particulier, du bon usage qu’ils ont fait de ces mêmes grâces, de la persévérance qu’ils ont eue à la pratique des bonnes œuvres jusqu’à la fin; remercier Dieu de tout cela et de ce qu’ils ont si bien pratiqué cette première leçon que Notre-Seigneur a enseignée à eux et à nous : bienheureux sont les pauvres d’esprit, parce que le royaume des cieux leur appartient h
O belle et sainte humilité, que tu es agréable aux yeux de Dieu, puisque Notre-Seigneur Jésus-Christ a voulu venir exprès lui-même ici-bas en terre pour nous l’enseigner par l’exemple et par parole! O Messieurs, ô mes frères, plût à Dieu que l’amour et le désir de cette vertu fussent bien imprimés clans nos cœurs! Oui, l’amour de notre mépris; agréer que l’on se moque de nous, que l’on nous estime peu de chose, que l’on n en
i Evangile de saint Matthieu V, 3.