SUR LES HUMILIATIONS
Qu’est-ce que la vie de ce divin Sauveur, sinon une humiliation continuelle, active et passive? Il l’a tellement aimée, qu’il ne l’a jamais quittée sur la terre pendant sa vie; et même après sa mort, il a voulu que l’Eglise nous ait représenté sa personne divine par la figure d’un crucifix, afin de paraître à nos yeux dans un état d’ignominie, comme ayant été pendu pour nous ainsi qu’un criminel, et comme ayant souffert la mort la plus honteuse et la plus infâme qu’on ait pu s’imaginer. Pourquoi cela? C’est parce qu’il connaissait l’excellence des humiliations et la malice du péché contraire, qui non seulement aggrave les autres péchés, mais qui rend vicieuses les œuvres qui de soi ne sont pas mauvaises, et qui peut infecter et corrompre celles qui sont bonnes, même les plus saintes.