XL
la lui ouvrent. Nous avons sur cela un bel exemple en la personne du bienheureux François de Sales, lequel, quoiqu’il fût très savant dans les controverses, convertissait néanmoins les hérétiques plutôt par sa douceur que par sa doctrine. A ce sujet, M. le cardinal du Perron disait qu’il se faisait fort, à la vérité, de convaincre les hérétiques, mais qu’il n’appartenait qu’à M. l’évêque de Genève de les convertir. Souvenez-vous bien, Messieurs, des paroles de saint Paul à ce grand missionnaire saint Timothée : Servum Domini non o-portet litigarex\ qu’il ne fallait point qu’un serviteur de Jésus- Christ usât de contestations ou de disputes; et je puis bien vous dire que je n’ai jamais vu, ni su, qu’aucun hérétique ait été converti par la force de la dispute, ni par la subtilité des arguments, mais bien par la douceur; tant il est vrai que cette vertu a de force pour gagner les hommes à Dieu.