RÉPÉTITION D’ORAISON
SUR L’ORAISON
Quelques-uns ont de belles pensées et de bons sentiments, mais* ils ne se les appliquent pas à eux-mêmes et ne font pas assez de réflexion sur leur état intérieur; et néanmoins on a souvent recommandé que, lorsque Dieu communique quelques lumières ou quelques bons mouvements dans l’oraison, il les faut toujours faire servir à ses besoins particuliers; il faut considérer ses propres défauts, les confesser et reconnaître devant Dieu, et quelquefois même s’en accuser devant la Compagnie pour s’en humilier et confondre davantage, et prendre une forte résolution de s’en corriger; ce qui ne se fait jamais sans quelque profit.
Fendant qu’on répétait l’oraison, je pensais en moimeme d’où pouvait provenir que quelques-uns fissent si peu de progrès en ce saint exercice de la méditation. Il y a sujet de craindre que la cause de ce mal ne soit qu ils ne s’exercent pas assez en la mortification, et qu ils donnçnt trop de liberté à leurs sens. Ou’on lise ce que tes plus habiles maîtres de la vie spirituelle ont laissé par écrit touchant l’oraison, et on verra que tous unanimement ont tenu que la pratique de la mortification était absolument nécessaire pour bien faire ses oraison?», et que, pour s’y bien disposer, il faut non seulement mortifier ses yeux, sa langue, ses oreilles et ses
Entretien 72. — Abelly, 0f. cil., 1.
III, chip. vn, sect. i, p. 65.
autres sens extérieurs, mais aussi les facultés de son âme, l’entendement, la mémoire et la volonté; par ce moyen, la mortification disposera à bien faire l’oraison, et réciproquement l’oraison aidera à bien pratiquer la. mortification.