SUR LES AVERTISSEMENTS
Je déclare que ceux qui n'avertissent point le supérieur des défauts qu'ils ont remarqués en quelques-uns de la Compagnie, lesquels vont à la ruine et au dérèglement de ladite Compagnie, sont eux-mèmes coupables de la ruine et dérèglement de la même Compagnie et participent au péché. Il faut trouver bon que le supérieur soit averti de tous nos défauts par les autres, et qu'il nous en corrige, soit en particulier, soit publiquement. Non seulement cela n'est pas contraire à la loi et à la parole de Dieu, mais conforme à la même loi et parole de Dieu, ainsi qu'il a été décidé par le Pape, assisté de plusieurs docteurs, du temps de saint Ignace de Loyola, et à sa prière et requête. Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même a corrigé et repris diverses fois publiquement ceux qui le suivaient. Et moi-même je dois trouver bon d’être averti par mon assistant, qui est M. Portail, et, si je ne m’en corrige, que mon supérieur procède à l’encontre de moi ; or, mon supérieur, c est toute la Compagnie assemblée. Oui, si je ne me corrige pas de quelque chose scandaleuse et qui aille à la ruine et destruction de la Compagnie, si j’enseigne quelque chose contraire à la doctrine de l’Eglise, la C ompagnie doit s’assembler et ensuite sévir à l’ encontre de moi avec toute la rigueur qu’elle verra nécessaire, voire meme me chasser de la même Compagnie, ruine en a\ertir M. de Paris, ou en écrire à Rome au 1 ape, qui sont aussi mes supérieurs, ahn d’y remédier. Nous devons faire notre possible de porter toujours la
Entretien 79. — Manuscrit du frère Robineau, p. i35
vertu au plus haut point que nous pourrons et qu’elle se peut porter, non pas par notre propre industrie, mais par recours à Dieu et fréquentes prières.