‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 2)Chapitre 99 sur 280 · SUR LA PARESSE · texte numérisé non relu

SUR LA PARESSE

Motifs. — Considérer que c’est peut-être de cette action à faire que dépend notre réprobation ou notre justification, car il y a une certaine grâce justifiante, ,à laquelle si nous répondons, nous voilà assurés. Quelquexois on s imagine avoir fait assez; il se faut représenter que les Juifs disaient à Notre-Seigneur : Si Films Del es , descende de cyuce* 1 / et pourtant il ne descendit point. On ne reconnaît le profit d’une personne, ni au temps de sa conversion, ni quelque temps après, mais à un certain temps de tentation ou tribulation; et telle elle est pendant ce temps-là, telle elle est après.

Il faut avoir de la force. Vous aurez dégoût de tous iCo exercices; vous n’oserez vous découvrir, ni communiquer à votre directeur; de là les amitiés particulières; si Ion vous dit un mot, vous serez prêts à en répondre deux; vous vous sentirez dans une profonde mélancolie; et c’est de l’usage que nous faisons de cet état que dépend notre salut.

La première chose que fait le diable, c’est de nous aveugler, de nous oter les bons sentiments que nous avons, la confiance en Dieu et en ceux auxquels il nous a confies. Il faut prier pour ceux que nous apercevrons etre en cet état, afin que, quand nous y serons nousmêmes, nous puissions, par leurs prières, obtenir de Dieu la grâce d’en faire un bon usage, et imiter en cela fhotre-Seigneur, qui pas sus est pro no bis , relinquens exempluniy ut , quemadmodum ille fecit , ita et nos fa ciamus 2, comme il pleura sur la ville de Jérusalem.

Entretien 81. — Recueil de diverses exhortations , p. 41

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