Epître de saint Paul aux Romains XII, i
lequel vous êtes à présent, si vous vous occupez l’esprit de Notre-Seigneur, dont vous êtes occupées à présent, vous serez en Dieu, et. Dieu sera en vous, et ainsi vous seiez Filles de la Charité d’effet, vous serez, par ce moyen, agréables à Dieu. Qui verrait une personne charitable, ah ! qu’il verrait de belles choses ! La charité, c’est comme une flamme qui s’élève en haut. Quand elle se trouve dans une ame, elle l’élève à Dieu et attire Dieu à elle, de sorte que, si on pouvait voir la beauté de cette vertu, on serait épris d’amour pour elle et ravi d’étonnement.
Voilà ce que j’avais à vous dire. Si vous faites cela, vous recevrez mille consolations par les lumières que Dieu vous donnera. Que si sa Providence permet qu’il vous arrive quelque affliction, comme c’est l’ordinaire aux bonnes âmes d’avoir des difficultés, soit du dehors, soit en elles-mêmes, par des pensées fâcheuses, ce sera un moyen, même pour entrer dans la pratique de ce qui a été dit.
Vous savez qu'il faut se comporter par les chemins avec grande retenue. Si on vous demande où vous allez, ne dites pas que la reine vous envoie; non, cela serait contre l’humilité. Si on vous presse de dire pourquoi vous allez, notre sœur Madeleine prendra la parole pour répondre en peu de mots ; si on tenait des propos qui ne fussent pas bien, ne faites pas semblant, de les entendre; et quand vous passerez par les lieux où il y aura des églises, vous y adorerez le Saint Sacrement.
Lorsque vous serez arrivées à Toul, vous verrez Monsieur Demonchy, qui aura ordre de vous accompagner jusques à Metz, ou de vous y suivre, selon qu’il sera jugé à propos. Vous saluerez très humblement, de notre part, Monsieur le premier président, et je m’assure qu’il faudra que vous logiez chez eux, car ils m’ont mandé qu’ils vous étaient venus attendre deux lieues par delà
Toul, ayant ouï dire que vous étiez sur les chemins. C’est un grand sujet d’humiliation, mes sœurs.
Mademoiselle Le Gras présente demanda à Monsieur Vincent s’il ne serait pas à propos que nos sœurs fissent leur possible pour s’exempter au moins de coucher chez ce bon Monsieur. Sa charité fit réponse que, comme c’étaient des personnes qui affectionnaient beaucoup la Compagnie, ce serait trop les mortifier.
Elle demanda encore si Monsieur le président voulait qu’elles mangeassent à sa table, au cas qu’elles arrivassent là à telle heure qu’il y fallût coucher. Pour cela, il trouva bon qu’elles le fissent, alléguant pour raison que ce n’était pas la coutume à de pauvres fdles.de se trouver à la table des grands.
Dieu soit béni !