SUR LES VERTUS DE SŒUR BARBE ANGIBOUST
Le dimanche vingt-septième avril mil six cent cinquante-neuf, Monsieur Vincent, notre très honoré Père, nous fit la conférence ,au sujet des vertus de feu notre sœur Barbe Angiboust, décédée le 27e décembre mil six
Entretien 109. — Ms. Déf. 7, p. 264 et suiv.
cent cinquante-huit à l’Hôtel-Dieu de Châteaudun, où elle servait les malades.
Elle fut reçue en la Compagnie par Mademoiselle Le Gras, notre très honorée Mère, le premier jour de juillet mil six cent trente-quatre. Son père Mathurin Angiboust et sa mère Perrine Blanne étaient habitants de la paroisse de Saint-Pierre de Serville 1, diocèse de Chartres, où elle fut baptisée le 6e jour de juillet 1605. Elle fit les premiers vœux perpétuels avec Mademoiselle et les trois premières sœurs qui en firent en la Compagnie le 25e mars 1642.
Mes sœurs, dit Monsieur Vincent, le sujet de cet entretien est de notre chère sœur Barbe Angiboust, de laquelle Dieu a disposé. On le réduira en trois points à l’ordinaire.
Commençons par le premier point. Ma sœur, pour quelles raisons est-il à propos de parler des sœurs dont Dieu a disposé?
— Mon Père, entre plusieurs raisons que j’ai vues, celle-ci me paraît d'importance, qu’en rapportant les vertus de notre sœur, ce sera honorer Dieu en elle; la seconde, pour nous servir d’encouragement à la pratique de ses vertus.
— Dieu vous bénisse, ma fille! Dieu soit béni, mes chères sœurs! Notre sœur dit que la première raison qui nous doit porter à continuer cette bonne coutume est parce que Dieu sera glorifié par le rapport des vertus des Filles de la Charité, parce que c’est l’œuvre de Dieu en elles; et avoir mémoire des vertus qu’elles ont eues, c’est honorer l'auteur de ces mêmes vertus. Et ainsi on a raison, quand on voit un beau tableau, d’honorer et d’estimer le peintre qui l’a fait. Et comme tous ceux qui voient ce beau tableau, ne donnent pas la louange au