‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 4)Chapitre 124 sur 138 · SUR LE SERVICE DES MALADES · texte numérisé non relu

SUR LE SERVICE DES MALADES

(Règles des sœurs des paroisses, art. 3-5.)

Voici, mes sœurs, la troisième règle qui regarde les sœurs des paroisses, que nous allons lire simplement; car il ne faut point d'explication; cela parle de soimême. ce Elles penseront souvent à la fin principale pour laquelle Dieu les a envoyées en la paroisse où elles sont, qui est de servir les pauvres malades, et non seulement corporellement, en leur administrant la nourriture et les médicaments, mais encore spirituellement, en procurant qu ils reçoivent dignement et de bonne heure tous les sacrements ; en sorte que ceux qui tendront à la mort partent de ce monde en bon état et que ceux qui guériront fassent une bonne résolution de bien vivre à l’avenir. »

Voilà, mes sœurs, cette règle. Cela s’entend de soimême. Vous êtes envoyées en ce lieu pour aider les pauvres malades à bien vivre ou à bien mourir. Voilà pourquoi vous êtes envoyées en une paroisse.

Voici la quatrième règle : « Et pour mieux leur procurer ce secours spirituel, elles y contribueront autant que leur petit pouvoir et le peu de temps qu’elles ont

Entretien 113. — Ms. S\ 4, p. et suiv.

pour cela le leur permettent et selon que la qualité et disposition des malades le requerront. Or, le secours qu’elles tâcheront de leux donner sera principalement de les consoler, encourager et instruire des choses nécessaires à salut, leur faisant faire des actes de foi, d’espérance et de charité envers Dieu et le prochain, de contrition, de pardonner à leurs ennemis et de demander pardon à ceux qu'ils ont offensés, de résignation au bon plaisir de Dieu, soit pour souffrir, soit pour mourir, soit poux guérir, soit pour vivre, et autres semblables actes, non tout à la fois, mais un peu chaque jour, et le plus succinctement qu’il leur sera possible, de peur de les ennuyer. »

Voilà donc, mes sœurs, que votre soin doit être de consoler les malades, de faire des actes succinctement et de les apprendre. Cela parle de soi-même. Il faut leur apprendre le moyen de bien vivre et de bien mourir en bons chrétiens.

Il se fait tard. Nous en demeurerons là.

Après, quelques sœurs demandant pardon des fautes qu elles avaient faites contre les instructions qui avaient été données, M. Vincent dit :

Dieu vous bénisse, mes sœurs, Dieu vous bénisse et vous fasse la grâce d’augmenter de plus en plus en cette vertu de charité les unes envers les autres ! Ce qui vous empêchera de vous plaindre les unes des autres.

Je vous prie, mes sœurs, de bien prier Dieu pour le roi et la reine et pour les affaires du roi. Je vous prie aussi de prier Dieu pour le roi et la reine de Pologne et pour nos chères sœurs, pour qui cette bonne reine a tant d’affection qu’elle veut avoir une de nos sœurs avec elle, qui est la sœur Marguerite. Elle lui a donné, pour ce qui regarde les pauvres, l’emploi qu’avait Mademoiselle de Villers, et veut qu’elle l’accompagne en ses voyages. Voyez quel honneur cette bonne reine a fait à votre

Compagnie et en quelle estime elle vous a. Quelle consolation d’avoir une de vous autres auprès d’elle! Voyez si cela ne mérite pas, mes sœurs, que vous vous aimiez les unes les autres. Si une reine aime tant la Compagnie, qu’est-ce que vous devez faire pour augmenter la charité de Dieu en vous toutes, de telle sorte que vous ne vous aimiez qu’en Dieu et pour Dieu ! et si vous voyez des défauts, ne vous en étonnez point; qui est-ce qui n’en a point? Excusez-les comme vous voulez que Dieu excuse les vôtres. Dieu vous bénisse, mes sœurs!

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