Première épître de saint Paul
aux Corinthiens VIII, i.
eu qu’une seule âme, il aurait donné sa vie pour la sauver.
Mes sœurs, il faut entrer dans ce sentiment et demander souvent à Dieu qu’il nous donne le mépris de nous-mêmes, en sorte que nous soyons bien aises d’être tenus pour pauvres et misérables, que nous aimions tout ce qui porte à ce mépris et que nous prenions toujours le pire, s’il nous était permis de le choisir : la plus méchante robe', le plus méchant collet, la chemise la plus grossière, bref que nous courrions à ce qu’il y a de plus vil et que nous désirions que cela nous arrive, puisque c’est la maxime de Notre- Seigneur, qui a toujours méprisé les choses de la terre. O mes hiles, vous êtes appelées à la vie qu’il a menée; il faut donc faire comme lui. Quelle consolation a une âme qui sait qu’elle travaille selon les maximes du Fils de Dieu !
Une bonne 'personne que j’ai vue aujourd’hui à la Madeleine, revenant de' Sainte-Marie, m’a dit, parlant de l’estime qu’elle fait du service rendu à ces pauvres âmes converties : « Si mes sœurs 5 savaient le plaisir qu’il y a de bien faire et la grande consolation que c’est de rendre service à Notre- Seigneur en ces pauvres hiles pénitentes, toutes y voudraient venir. » Voyezvous, mes sœurs, vous aurez plus de consolation et de plaisir à vous mortiher, à choisir le pire et garder le meilleur pour vos sœurs, que si vous aviez reçu toutes les satisfactions que la nature prend, quand nous suivons nos inclinations, parce que c’est suivre les maximes de Jésus- Christ, qui a toujours choisi le pire, jusqu’à vouloir mourir sur un gibet, qui est la mort la plus douloureuse et ignominieuse qu’on peut endurer.
Si la pensée d’être ofhcière vous venait dans l’esprit.