‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 4)Chapitre 44 sur 138 · Actes des apôtres IX · texte numérisé non relu

Actes des apôtres IX

O mes sœurs, qu’une personne qui est arrivée là est bien avant dans les bonnes grâces de Dieu, puisque c’était la pratique de Notre-Seigneur, celle ’ de saint Paul et encore celle de M. de Genève5 ! Ah ! qu’il l’avait en un degré éminent! Il disait : « Si j’étais religieux, je ne voudrais jamais rien demander, ni rien refuser. Je ne puis pas cela, étant evêque; car je suis obligé d ordonner selon ma charge. » En un autre heu, il dit plus : <( Je suis tellement indifférent, disait-il, que, si Dieu ne me disait ; venez a moi, je ne m’ avancerais pas d’y aller. » Enfin ce bienheureux a tant aimé cette sainte pratique qu il a donne une règle toute particulière aux filles de Sainte-Marie, qui les oblige à ne rien demander, ni rien refuser.

C est une belle chose de lire oe qui est rapporté de la belle-mère de saint Pierre dans l’Evangile. Cette bonne femme, étant malade d’une fâcheuse fièvre, entendait dire que Notre-Seigneur était en Capharnaüm, qu il faisait de grands miracles, guérissant les malades, chassant les diables des possédés, et autres merveilles. Elle savait que son gendre était avec le Fils de Dieu et pouvait dire à saint Pierre : <c Mon fils, votre maître est puissant et a le pouvoir de me délivrer de cette maladie. » Quelque temps après, voilà que Notre-Seigneur vint dans sa maison, où elle ne témoigne point d’impatience pour son mal ; elle ne se plaint point, elle ne prie point son gendre, non pas même Notre-Seigneur, car elle lui pouvait dire : « Je sais que vous avez la puissance de guérir toutes sortes de maladies, Seigneur; ayez compassion de moi. » Pourtant elle ne dit rien de tout cela, et Notre-Seigneur, voyant son indifférence, commanda à la fièvre de la quitter; et au même instant elle fut guérie.

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