‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 4)Chapitre 43 sur 138 · Epître de saint Paul aux Galates II · texte numérisé non relu

Epître de saint Paul aux Galates II

mande d ede ! Je crois qu il n’y en a point parmi vous de cette sorte eit que vous êtes toutes dans la volonté de ne rien demander ni refuser, ou, pour le moins, dans le désir de l’avoir, par la grâce de Dieu, Mais, s’il y mi a\ ait quelqu une qui tint ce langage, ô Sauveur, quelle se corrige et dise à Dieu : « Seigneur, je ne souhaite rien autre chose smon que je me soumette à votre sainte volonté, qui m’est manifestée par mes supérieurs. » Voilà donc la première raison.

La seconde raison que nous avons de ne rien demander ni refuser, c’est que, se comportant de la sorte, on n’a plus de volonté, car, soit qu'on soit en un lieu ou en un autre, on est satisfait. Or, ces personnes-là, encore qu’elles soient sur la terre, vivant comme n’y étant pas, elles commencent déjà à jouir des délices du paradis et à participer à la félicité des bienheureux. En quoi pensez-vous que consiste le bonheur des saints dans le ciel? En ce qu’ils n’ont plus d’autre volonté que celle de Dieu; ils ne désirent jamais autre chose que ce que Dieu veut. C’est en cela que consiste leur bonheur. Et ainsi, quand une âme est conforme à la volonté de Dieu, quand elle n’a aucune fâcherie de l’état où elle est, en vérité, mes sœurs, c’est commencer le paradis en terre, et je ne crois pas qu'il ait contentement pareil au monde. N’est-il pas vrai, mes sœurs qui êtes dans cette pratique, que vous éprouvez par vous-mêmes ce que je dis? Trouvez-vous qu’il y ait plaisir plus grand que de conformer sa volonté à celle de Dieu? Je crois que vous êtes toutes, qui plus, qui moins, dans cette pratique. Mais celles à qui Dieu fait la grâce d’y mieux entrer comprennent bien quel bonheur c’est de pouvoir arriver en un si haut état.

Mais, Monsieur, dira quelqu’une, croyez-vous que je puisse parvenir là, moi qui ne suis qu’une pauvre hile de \illage? Oui, ma sœur; et celles qui servent les

pauvres sans affectionner ni ce lieu-ci, ni cet autre, qui ne cherchent qu a contenter Dieu, qui ne demandent et ne refusent rien, qu’on les envoie ailleurs, qu’011 les laisse, elles sont toujours les mêmes, je vous dis que je ne connais point de personnes plus heureuses, et ne sache point de plus parfait état que celui-là. O mes sœurs, quand vous venez à penser en vous-mêmes : qu’est-ce que je veux? et que vous reconnaissez ne vouloir que ce que Dieu veut, n’est-il pas vrai que vou^ ressentez une joie, une paix intérieure et un certain contentement qui ne se peuvent exprimer?

Voilà deux raisons, entre plusieurs autres, que j’avais à vous dire sur ce sujet.

Mais, Monsieur, me direz-vous encore, comment Notre-Seigneur en a-t-il usé? N’a-t-il pas suivi sa volonté? O mes sœurs, il n’a jamais fait sa propre volonté; au contraire, il a toujours accompli celle de Dieu son Père, qui était son directeur. Si nous sommes enfants de Dieu, nous devons lui ressembler; et si vous etes vraies Filles de la Charité, qui n’est autre chose que filles de Notre-Seigneur, n’est-il pas vrai que vous devez suivre son exemple? Tous les saints ont été dans cette pratique, mais entr’autres saint Paul. Quand Dieu 1 eut terrassé de son cheval, lors de sa conversion, quel langage tint-il à Notre-Seigneur? <c Me voilà, dit-il4, par terre; que voulez-vous que je fasse? » Il ne demande rien que la volonté de Dieu; le voilà dans l’indifférence; il ne fait plus ce qu’il veut et ne peut dire autre chose sinon : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse? Me voila prêt à vous obéir. » Notre-Seigneur lui ordonna d’aller trouver Ananias pour se faire instruire; ce qu’il ht. O Sauveur de mon âme ! qui nous donnera un peu de désir d’entrer dans de semblables sentiments?

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