La maison-mère
2. Partout ailleurs saint Vincent attribue cette parole à Clément VIII.
fidèle à l’observance de ses règles, fait plus que si elle faisait les plus grandes œuvres du monde. Donnez-moi la plus grande ouvrière qui soit dans la Charité, qui serve aux pauvres forçats, aux insensés et qui fasse merveille partout où elle va, si elle n’observe ses règles en toutes choses, tout cela n’est rien au prix d’une âme qui y est exacte. Quand vous seriez dans les armées, comme une de vos sœurs y est à présent, si vous ne gardiez vos règles, tout ce que vous feriez serait peu de chose.
je recommande à vos prières notre chère sœur dont je viens de parler : c’est Jeanne-Christine Prévost, qui était à Sedan. La reine l’a fait aller assister les pauvres soldats blessés. Qui croirait cela, mes sœurs, que les Filles de la Charité soient choisies de Dieu pour aller à l’armée ! Les hommes y vont pour tuer, et vous y allez pour donner la vie i O .Sauveur, soyez béni de la grâce que vous faites à cette Compagnie.
Je vous recommande aussi nos sœurs Marie et Marthe3, qui sont à La Fère. Elles sont à édification à toute la ville, qui m’en écrit avec une très grande estime, non seulement à moi, mais même à toute la cour, qui est étonnée du bien qu’elles font. Entre autres choses qu’on me mande d’elles, on me dit qu’elles sont fort exactes à leurs règles. Ah! mes sœurs, qu’une fille qui est vraie Fille de la Charité vaut beaucoup! Oh! qu’elle fera parler d’elle! Ce n’est pas qu’il faille bien faire à ce dessein; mais cela arrivera sans qu’elle le veuille; car il est impossible que la vertu ne paraisse où elle est. Je vous laisse à penser comme on en parle au ciel et comme Dieu regarde avec joie ces âmes qui n’ont d’autre soin que de lui plaire, qui emploient tout leur temps, leurs forces, leur santé et leur vie même