‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 4)Chapitre 54 sur 138 · Livre de l’Ecclésiastique XVII · texte numérisé non relu

Livre de l’Ecclésiastique XVII

unes sur les autres, un voisin sur son voisin. Les Turcs mêmes, qui ne connaissent pas Dieu, y sont obligés; et quand je n’aurais autre enseignement qu’eux, la loi naturelle m’y oblige. Or, si Dieu dit cela à un chacun, il le dit bien plus expressément aux personnes de communauté, liées ensemble par la charité, et qui, par conséquent, doivent observer cela plus exactement que les autres. Voilà pourquoi il importe extrêmement que vous preniez ce soin-là et que celles d’une paroisse veillent sur celles de l’autre, la sœur sur sa sœur. Et si vous apprenez que quelqu’une manque à son devoir, vous devez en donner avis aux supérieurs. En ce faisant, vous vous aiderez les unes les autres à être fidèles à vos règles, et vous déchargerez votre âme.

Quand le bienheureux évêque «de Genève5 institua son Ordre, il donna charge que cela s’observât, et instruisit Madame de Chantal comment il fallait que les religieuses d’une ville veillassent sur celles d’une autre ville. Et s’il se passait quelque chose qui ne fût pas selon l’ordre, il leur enjoignait de l’en avertir à Annecy. Et ainsi, mes chères sœurs, un moyen bien efficace que je vous présente, c’est que vous vous observiez les unes les autres; car, en veillant de la sorte, celles d’une paroisse sur celles d’une autre, cette règle sera bien observée.

On pourra dire : Quoi! il faut que j’observe des personnes qui font profession de servir Dieu! quoi! des hiles qui devraient toujours avoir Dieu devant les yeux ! — - Mes sœurs, la plupart n’auraient pas besoin de ce soin; mais vous le prendrez, afin d’aider à conserver la Compagnie dans la pureté de son esprit; car je ne puis m’imaginer que, si les Filles de la Charité ne gardent cette règle, elles puissent garder cette purete. C est

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