‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 4)Chapitre 99 sur 138 · Evangile de saint Matthieu XXVI · texte numérisé non relu

Evangile de saint Matthieu XXVI

choses et la conformité en tout à la volonté des supérieurs, des officières et des sœurs servantes. Quel bonheur ! L’on est quelquefois en peine comme l’on fera pour faire la volonté de Dieu; vous, vous n’avez qu’à obéir à vos règles, et vous faites la volonté de Dieu. Vous êtes assurées qu’en tout ce qu’une sœur fait par obéissance, elle se conforme à la volonté de Dieu; comme, au contraire, en ce qu’elle fait de sa tête, elle ne fait pas la volonté de Dieu. Jamais nous ne faisons la volonté de Dieu lorsque nous n’obéissons point à nos règles et aux ordres de nos supérieurs. Oh ! belle obéissance ! que tu es belle, puisque tu es si agréable à Dieu qu’il a agréable tout ce que tu fais faire!

Je me suis quelquefois enquis de moi-même comment va la Compagnie de la Charité. Elle est dans l’obéissance de ses règles aux supérieurs, aux officières et aux sœurs servantes hors de la maison. Mes sœurs, je vous dirai que j’ai toujours remarqué qu’elle était en vigueur, par la grâce de Dieu, et je l’en remercie de tout mon cœur. Mais, depuis quelque temps, comme l’on doit penser aux choses que l’on a en charge, me faisant la même demande, il m’a semblé que cette vertu était en vigueur en la plupart, mais qu’elle est un peu moindre en quelques-unes. Que cela me soit une affliction, je vous le laisse à penser ! Il y en a peu, mais il y en a, qui lâchent pied, que je vois peu soumises à Dieu dans les événements, peu soumises aux règles et aux supérieurs. Je vous laisse à penser si cela m’est une affliction, et à Mademoiselle Le Gras encore plus qu’à moi, de voir une C ompagnie qui a fait la volonté de Dieu jusqu’à présent, etre a la veille de voir que l’esp-rit malin fasse quelque brèche.

Oh! quel sujet d’affliction et de crainte! Je m’assure que chacune se doit dire à elle-même ce que le traître judas dit avec les autres apôtres la nuit qu’il devait trahir

son maitie : Numquid ego sum Domine ? 5 iV’ est-ce pas de moi que l’on parle? Voilà qu’il y en a peu, à ce qu’on dit, qui sont rétives à l’obéissance, qui ne suivent pas i esprit des règles et qui font à leur tête. Mon Dieu! n’est-ce pas moi? Mes sœurs, n’avez-vous point ces pensées? L’on dit qu’il y en a dans la Compagnie qui Portent de l’obéissance; n’est-ce pas moi qui suis si malheureuse ? Il faut que je m’examine et que je fasse demain 1 oraison là-dessus.. Si je suis dans l’observance de mes règles, j en remercie Dieu; si je ne suis pas dans mon devoir, je veux m’y mettre. Hélas! sans attendre à demain, mes sœurs, la conscience vous le dira, je m’assure. Car, voyez-vous, la syndérèse6 est un bon témoignage. Dès cette heure, chacune peut s’examiner ; « Comment suis-je dans l’obéissance? Gardé-je mes régies? Suis-je conforme aux avis de Mademoiselle Le Gras? » Et si on trouve que non, prendre résolution de

se. corriger et de se punir , voyez-vous, prendre la discipline avec obéissance et crier miséricorde à Dieu : (( Quoique je sois inclinée à vivre sans être obéissante, an ! mon Dieu ! plutôt la mort ! Donnez-moi la grâce de ne. rien faire que par obéissance, puisqu’elle me fait ±aiie toujours votre volonté; et la désobéissance, au contraire, ne me fait trouver que la mienne propre. » La quatrième vertu que vous devez particulièrement pratiquer et qui est représentée par le bras gauche, c’est la patience. Or il n’y a presque moment où nous n’ayons besoin de patience. Un malade ne sera pas content; votre sœur vous dira quelque parole un peu fâcheuse; an! d abord vous vous sentez le cœur blessé; quel remède faut-il là? Point d’autre que la patience. Quelle est donc la vertu de patience? C’est ce qui fait qu’on

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