S8. — ACCEPTATION PAR LE ROI DE LA BULLE « SALVATORIS NOSTRI
(16 mai 1642)
Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, à nos am-és et féaux conseillers les gens tenant notre cour de Parlement de Paris, prévôt dudit lieu, ou son lieutenant, et tous nos autres justiciers, lieutenants,
et à chacun d’eux sur ce requis, comme à lui appartiendra, salut.
Nos chers et bien amés îles prêtres de la congrégation de la Mission nous ont fait dire et remontré qu’ayant obtenu de notre Saint-Père le Pape les Bulles Rattachées sous le contrescel de notre chancellerie, portant approbation de leur Institut, ils désireraient faire mettre a exécution lesdrtes Bulles, s’il nous plaisait leur en accorder nos lettres à ce nécessaires, humblement requérant icelles.
A ces causes,
Document 88. -
ayant en considération particulière tout
Arch. nat., Section législative et judiciaire,
ce qui touche ladite congrégation pour les grands fruits - qu’elle continue de faire journellement, à la gloire de Dieu, soulagement et salut de nos pauvres sujets de la campagne, avons permis et octroyé, permettons et octroyons par ces présentes, voulons et nous plaît que lesdits prêtres de ladite congrégation de la Mission puissent et leur soit loisible faire exécuter lesdites Bulles et jouir du contenu en icelles de point en point, selon leur forme et teneur.
Si vous mandons que de nos présentes lettres de permission, congé et octroi, vous fassiez, souffriez et laissiez jouir pleinement et paisiblement lesdits prêtres de ladite congrégation de la Mission présents et à venir, et faisant cesser tous troubles et empêchements .au contraire, pourvu que en icelles il n’y ait aucune chose contraire à nos droits et concordats d’entre le Saint-Siège et nous, privilèges et libertés de l’Eglise gallicane. Car tel est notre plaisir. De ce faire vous donnons pouvoir et mandement spécial.
Donné à Paris, le seizième jour de mai, l’an de grâce mil six cent quarante-deux, et de notre règne le trente - -deuxième.
Par le roi en son conseil.
Saulger.
89. — PROCÈS-VERBAL DES ACTES DE L’ASSEMBLÉE TENUE A SAINT-LAZARE EN OCTOBRE 1642
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, toute sainte et très adorable Trinité.
Aujourd’hui, treizième du mois d’octobre mil six cent quarante- deux.
Document 89. — Registre des Assemblées, copie du xvii* siècle, q Arch. de la Mission.)
Nous, Vincent de Paul, très indigne supérieur général de la congrégation de la Mission, en la présence de MM. Antoine Portail, François du Coudray, Jean Bécu. Antoine Lucas, Jean Dehorgny, Lambert aux Couteaux, Léonard Boucher, Pierre du Chesne, René Alméras et Jean Bourdet, tous prêtres de notredite congrégation, assemblés en la chambre où nous avons accoutumé de nous assembler, avons fait entendre auxdits prêtres comme, ayant plu à Dieu d’instituer cette petite et pauvre Compagnie il y a environ seize ans, et sa bonté nous ayant fait la grâce d’introduire peu à peu les pratiques qui s’y observent, qu’il ne nous restait plus à introduire que l’usage des congrégations ou assemblées générales en icelle, qui ont accoutumé de se pratiquer par les saintes communautés de l’Eglise de Dieu, à l’instar des conciles et synodes d’icelle; que j’avais pensé que Notre-Seigneur demandait la même chose de nous, quoique notre Compagnie fût très petite en nombre de personnes et de maisons; et qu’à cet effet j’avais convoqué lesdits sieurs Dehorgny, supérieur de notre collège des Bons-Enfants, Jean Bécu, supérieur de notre maison de Toul, Lambert aux Couteaux, supérieur de notre maison de Richelieu, Jean Bourdet, supérieur de notre maison de Troyes, Pierre du Chesne, supérieur de notre maison de Crécy, diocèse de Meaux; et n ayant pu convoquer les supérieurs de nos maisons de Notre-Dame de la Rose, diocèse d’Agen, de Luçon, d Annecy, diocèse de Genève, ni celui de notre maison de Saintes, soit pour la distance des lieux, ou pource qu il y a peu qu’elles sont établies, ou pource qu’aucuns supérieurs venant d’etre envoyés depuis peu auxdites maisons, il y a quelques inconvénients de les retirer sitôt de leurs maisons, nous avons nommé et député en leurs places lesdits sieurs Portail, du Coudray, Lucas, Boucher et Aimeras; auxquels nous avons fait entendre
les raisons pour lesquelles nous devons faire des assemblées générales de temps en temps; lesquelles raisons nous avons fondées : [i°] sur <la fin pour laquelle elles se font, qui sont l’élection du général, quelque affaire de grande importance et perpétuelle, ou qui regarde la conservation de la congrégation ; 20 sur l’usage de l’Eglise aux conciles et synodes que les apôtres ont commencés, et des communautés.
Nous leur avons dit en quoi consistent lesdites assemblées; qu’es assemblées générales il y a six choses à considérer : i° la fin pour laquelle elle se doit convoquer; 2° qui y doit assister et avoir voix délibérative à présent; 30 et qui à l’avenir; 40 le lieu; 50 le temps; 6° et la manière.
Quant à la fin, je leur dis que c’était ou pour procéder à l’élection du général, ou pour traiter des affaires de grandes importances et perpétuelles, etc. 2° Que la première se doit faire par le vicaire général qui aura été nommé avant la mort du général défunt pour la direction de la Compagnie jusqu’à l’élection d’un autre général ; que la seconde se 'doit faire par le seul général. 3° Qu il n y a a présent que les supérieurs particuliers qui doivent avoir entrée dans ladite congrégation. Et s’il plaît à Dieu que la Compagnie se divise ci-après en provinces, alors ce seront les seuls provinciaux qui entreront dans ladite assemblée générale avec deux députés de chaque province. 4° Que le temps de faire ladite assemblée générale pour l’élection du général sera trois mois apres la mort du défunt. 50 Que le lieu sera celui que le vicaire général jugera le plus commode. Et pour la maniéré de l’élection du général, que l’on en fera un écrit à part. Et 6°, pour celle de traiter les affaires, qu’elle se fera ainsi.
Que, le jour étant venu, les supérieurs étant assemblés, l’on dira la messe du Saint-Esprit à cet effet, et,