‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 127 sur 314 · RÉGIT DE L’ASSEMBLÉE TENUE A SAINT-LAZARE EN · texte numérisé non relu

RÉGIT DE L’ASSEMBLÉE TENUE A SAINT-LAZARE EN

Les personnes :

M. Vincent, supérieur général; M. Portail, assistant de Saint-Lazare; M. Dehorgny, supérieur; M. Bécu, procureur de Saint-Lazare; M. Lambert, supérieur de Richelieu; M. Lucas; M. du Chesne; M. Thibault; M. Cuissot; M. Aimeras; M. Blatiron; M. Grimai; M. Le Gros; M. Gilles.

Vigilia Visitationis Beatae Mariae Sanctae Virginis , après l’invocation du Saint-Esprit par le V eni Creator , les places prises confusément sans égard ni aux personnes ni aux qualités, M. Vincent, supérieur général, assis vers la cheminée, a fait ouverture de rassemblée par un petit discours sur le sujet de ladite assemblée, où, d’abord, il remarqua qu’il y a ou peut avoir trois sortes d’assemblées : la générale, pour l’élection d’un supérieur général, suivant les formes prescrites dans l’élection d’un général; la triennale, des visiteurs avec quelques-uns de leurs provinces, est pour aviser aux nécessités de la Compagnie, ou générales, ou particulières de quelque province, à laquelle le visiteur n’aurait point apporté remède, ou pour pourvoir aux dérèglements d’un général qui se détraquerait; et la troisième assemblée, extraordinaire, faite par le supérieur general pour aviser à quelques besoins de la Compagnie pour lesquels il lui serait nécessaire de recevoir quelque plus ample lumière et secours de la Compagnie; et celle-ci se

Document 105. — Arch. de la Mission, ms. original d’Antoine Lucas. Il y a dans ce récit, fait sans soin au courant de la plume, un grand nombre de phrases obscures.

fait de personnes choisies par le supérieur général, qu’il trouve propres à son dessein.

Plusieurs raisons ont empêché d’en faire une généraie, qui se fera, s’il plaît à Notre-Seigneur lui donner la vie. Celle-ci est de la troisième chose, pour aviser aux difficultés survenues touchant l’usage de nos vœux, pour revoir nos règles, et quelques autres difficultés qui se présentent.

Cela posé, il a proposé deux choses : i° les raisons que nous avons de nous donner à Dieu pour bien traiter ce qui se doit traiter en cette assemblée; 2° lesmoyens.

i° Les raisons. — C’est l’affaire de Notre-Seigneur, l’affermissement de la Compagnie. Et a pesé sur cette raison beaucoup.

L’on y doit traiter ce que dessus : l’usage des vœux, et les difficultés qui y sont survenues, etc.

Les moyens. — ■ La prière. Ainsi les apôtres, Notre- Seigneur, l’Eglise ont recommandé aux prières du dehors et dedans. Mettre toute sa confiance en Dieu et en son aide. Ne rien donner à la nature, ni n’en rien attendre; se revêtir de Jésus-Christ et de ses sentiments. Ne point regarder ses inclinations et passions. Ne point interrompre. Estimer les sentiments des autres plus que les nôtres. Ne point proposer, mais laisser proposer au supérieur, et, s’il y a quelque chose, lui proposer en particulier. Ne parler de ce qui se dit, avec ceux de rassemblée, ni avec les autres. Garder le secret; sur quoi il a fait grande instance.

Il a proposé ensuite de traiter des vœux : si on continuera l’usage des vœux de la manière que l’on a fait depuis la dernière assemblée jusques à présent, ou si on les laissera tout a fait; si on changera ce qui choque les esprits, comme la réserve d’en absoudre au Pape et au-.

supérieur général; et, s’il les faut conserver, les moyens de les faire.

Après dîner, sur les 2 heures, l’assemblée commence par Vent , Sancte Spiritus , chacun placé comme le matin, à même place. M. Vincent a proposé le sujet de cette action, qui est des vœux et de l’usage qu’en doit faire la Compagnie.

i° Savoir si la Compagnie doit conserver l’usage de ses vœux.

Il semble qu’oui : i° Pource que Notre-Seigneur les a faits, disait le P. de Condren, général de l’Oratoire, quoique saint Thomas soit de contraire avis, quia Deus r dit ce saint 1 ; mais le P. de Condren dit qu’il l’a fait en tant qu’homme (Ps. 21); vota mea Domino reddam in conspectu timentium eum.

C’est une action sainte, usitée dès longtemps dans l’Eglise et dans la synagogue. V ovete et reddite Domino , etc. C’est un holocauste très agréable à Dieu, où se présente le fruit et l’arbre; et ainsi tout l’homme demeure consacré à Dieu. Les actions en sont plus méritoires, les sujets mieux affermis, qui naturellement sont commje ce qui s’écrit sur le sable et sur l’eau. Il faut un bon fonds de prière, car komo nunquam in eodem statu permanet. La Compagnie en est plus parfaite; l’on dispose mieux des sujets. Ici il a remarqué que deux prêtres d’une Compagnie non attachée par vœux étant venus s’éclairoir sur les nécessités des frontières, à dessein d’y aller travailler, ayant ouï les misères et la nécessité du peuple et du pays, ont désisté. Deux des Pères Capucins qu’il a priés en la personne du provincial et du gardien, qui avaient promis depuis, n’en ont rien fait. Un supérieur ne pourrait disposer de ses sujets avec

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