Summa Theologica 2-2, q. LXXXVI1I, art. iv, ad
tant de liberté, et eux résisteraient plus aisément quand il faudrait aller au loin en des emplois difficiles, etc.
2° Que non. Plusieurs Compagnies fleurissent sans vœux et font bien : l’Oratoire de Rome, de France, Saint-Nicolas, Saint-Sulpice, etc. La difficulté qu’on y trouve dedans et dehors. Il semble qu’on vivra avec plus de liberté, et partant avec plus de mérite. Potuit transgredi et non est transgressus , etc. Les bons n’en seront pas moins fermes; nous serons plus conformes au clergé, dont nous sommes membres et partie; les ecclésiastiques auront plus de confiance en nous et de liberté avec nous; les évêques n’auront nul sujet d’ombrage, et toutes les difficultés cesseront.
3° S’il faut garder les vœux, il semble qu’il faut ôter ce qui blesse, savoir la réserve d’en absoudre au Pape et au général, et laisser les évêques dans leur droit, quoiqu'il semble que M. de Paris ait pu faire ce qu’ila fait comme commissaire du Pape en ce fait; c’est le sentiment de son conseil ‘et de quelques docteurs; cependant envoyer un homme exprès à Rome, qui sollicite cet affaire personnellement et ne fasse autre chose, pource que feu M. le commandeur de Sillery disait qu’on venait à bout de tout à Rome avec le temps et patience ; et M. Molé, premier président de la cour, dit qu’il n’a jamais vu échouer une bonne affaire dans le parlement. Ces difficultés cesseront avec le temps, parce que l’on a pris cettje résolution avec conseil après de longues prières. Ainsi Clément VIII ayant vu en songe que Dieu le damnait pour avoir reçu Henri IV, après avoir pris avis de plusieurs docteurs, Tolet, étant de retour, lui dit : « C’est une tentation, car vous l'avez fait après bon conseil et beaucoup de prières. » Ainsi lui-même fut guéri par feu M. Pillé d’une peine, pource qu’il fallait plaider pour Saint-Lazare, pource qu’il dit : « Ne vous
mettez pas en peine sans conseils et sans beaucoup de prières. »
Le dimanche 2 juillet , mondit sieur Vincent a répété les raisons du doute arrivé sur nos vœux : que le Pape les a refusés, disant : videbimus ; que les docteurs sont partagés touchant la valeur d’iceux; que plusieurs de la Compagnie y ont peine.
M. Grimai a dit qu’il fallait tenir pour les vœux et incliner plutôt au solennel qu’à les abandonner, pource que c’est l’affermissement de la Compagnie.
M. Thibault de même, lequel a remarqué que Monseigneur de Tréguier y avait peine.
M. Blatiron a noté qu’il fallait modérer à l’égard des Italiens, qui ont peine aux vœux et à l’état religieux, qu’ils croient consister dans lès vœux; et si cela se pouvait partager, que l’on reçût qui feraient des vœux et qui n’en feraient pas, comme les Jésuites, qui font les quatre vœux, d’autres qui ne les font pas; néanmoins qu’il ne faut quitter les vœux.
M. Gilles a fait instance pour les vœux et montré : i° que la Compagnie ne pouvait être sans vœux; 2° qu’il serait à souhaiter qu’on ne pût hériter, ou qu’il y eût un procureur pour les successions, et que les particuliers ne s’en mêlassent point, quia offerunt oves macras , subtrahunt pingues; que la condition de la Mission serait pire que de vicaire; que les évêques sont ravis d’avoir des missionnaires, quia de clero et versati in rebus cleri ; que, tandis que nous avons du bien, ou espérance d’en avoir, nous regardons derrière, comme la femme de Loth; que, s’il n’y avait que les missions, il ne faudrait point faire de vœux, quia status miserrimus senibus , qui aiment un état fixe; et l’instabilité de la Mission est très fâcheuse, quia homo , ut arbor , radiées mittit . Les évêques n’ont sujet de se plaindre, quia