‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 172 sur 314 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

De V enterrement des pauvres décédés

Et afin que ladite association pratique entièrement les œuvires de miséricorde...

De quoi s'entretiendra la dépense des pauvres malades

Dieu, par sa divine Providence, a jusque maintenant suffisamment pourvu à la dépense de cette œuvre, tant par les quêtes que les dames de la Charité font tour a tour dans les églises en quelques lieux chaque jour, et en autres les dimanches et fêtes...

Des officier es en général

Pour la direction de la Charité des femmes, il y aura trois officières, qui seront : l’une prieure, l’autre trésorière et l’autre garde des meubles; lesquelles, avec ledit sieur recteur et un procureur, auront l’entier gouvernement de l’œuvre des pauvres malades et de ce qui en dépend, seront en charge deux ans seulement, et élira-ton ainsi que les hommes.

De la prieure

La prieure procurera de tout son pouvoir que le présent .règlement soit observé par les dames de la Charité et que les résolutions des assemblées s’exécutent promptement et charitablement; bref, elle gouvernera cette famille de Notre- Seigneur comme une femme honnête gouverne sa maison.

De la trésoriére ou première assistante

La trésoriére représentera la prieure et fera sa charge en son absence, recevra et gardera l’argent dans un coffre à deux clefs, dont la prieure en aura l’une, et elle l’autre, sans qu’elle puisse tenir en son pouvoir de Par-

gent de 1 association, qu’ autant qu’il en faudra pour nourrir les pauvres malades un mois durant, ni ouvrir ledit coffre qu’en la présence de la prieure; emploiera l’argent selon l’ordonnance des recteur, prieure et garde des meubles; et en rendra compte annuellement, en la piesence desdits recteur et directeur de l’association des hommes, du procureur, de la prieure, de la seconde assistante, du juge et procureur fiscal, en la manière que dessus, lesquels ajouteront entièrement foi aux parties mises en dépense, à la charge de n’ouvrir les troncs et boîtes mises ès hôtelleries qu’en la présence de l’un desd’its sieurs; et se rendront lesdits comptes en la chapelle de la Charité, après vêpres, le lendemain de la fete de Toussaint. Afin que ceux qui y doivent assister n’en prétendent cause d’ignorance, le recteur les publiera en chaire le jour auparavant; ce qui s’observera aussi à la reddition des comptes des hommes, le lendemain de la Pentecôte.

De la garde des meubles ou seconde assistante

La garde des meubles servira de conseil à la prieure, comme la trésorière, gardera les meubles de ladite association, fera blanchir et accommoder le linge quand il sera nécessaire, et, sortant de charge, rendra compte de ce qui lui aura été mis en main.

Du procureur de la Charité des femmes

Les officières éliront un procureur le lendemain de ladite fete de Toussaint, pareillement de deux ans en deux ans. Son devoir sera d’assister le recteur en toutes les conférences qu’il fera avec les officières et de garder les biens immeubles de ladite association des femmes, à condition toutefois de ne bailler à ferme, ni faire aucun contrat, qu’en la présence et consentement desdits

recteur et officières, et de mettre les deniers ès mains de la trésorière, soudain qu’il les aura reçus, laquelle lui donnera quittance; au moyen de quoi il demandera valablement décharge.

De la garde des pauvres malades

Les dames de la Charité choisiront deux pauvres femmes pieuses pour garder les malades réduits à 1 extrémité et destitués d’autres secours, lesquelles seront payées des deniers communs de l’association et admises au corps d’icelle, et s’appelleront gardes des pauvres malades; elles serviront aussi pour avertir les dames de la Charité lorsqu’il faudra qu’elles s’assemblent.

Des choses communes aux serviteurs et servantes des pauvres. De V élection des officiers et officieres

Les officiers se déposeront de leur charge le lendemain de la Pentecôte, de deux ans en deux ans, et en présenteront de nouveaux à ladite association assemblée en corps, après vêpres dudit jour, laquelle les agréera, si bon lui semble, à la pluralité des voix, et on en nommera et établira d’autres; et les officières feront de même le lendemain de la Toussaint.

De la fidélité des offciers et officières à n'admettre pour être participants aux aumônes de V association sinon les vraiment pauvres et vraiment malades.

La Charité n’étant instituée que pour les personnes vraiment pauvres et vraiment mailades, les officiers n’admettront aux aumônes de l’association que ceux et celles qu’ils jugeront aussi en leur conscience vraiment pauvres et malades. Et afin que la faveur, qui est la perte des bonnes œuvres, ne se glisse pas en celle-ci, lesdits officiers et officières. entrant en charge, promet-

front qu'ils ne s'emploieront, directement ni indirectement, pour faire admettre ès aumônes de ladite association.

De la messe , communion , litanies , exhortations et lecture du présent réglement , qui se doit faire les premiers ou troisièmes dimanches des mois.

Et afin que les personnes de la Charité profitent et se confirment de plus en plus en l’esprit de charité, elles s’assembleront, tous les premiers ou troisièmes dimanches des mois, en la chapelle destinée pour /la Charité, où entendront la messe le matin ; ceux et celles qui auront dévotion de se confesser et communier, comme tous y seront exhortés, se confesseront et communieront. L’après-dînée...

De V amour de N otre-Seigneur

Un des principaux points de cette association étant d 'honorer Notre-Seigneur et sa sainte Mère, les personnes de la Chanté seront exhortées de leur porter un grand honneur...

De la mutuelle charité qu'ils doivent avoir les uns envers les autres

Les associés et associées auront une grande charité, s’entre-visiteront et consoleront en leurs afflictions, donneront ordre que les saints sacrements leur soient administrés en temps et en lieu, feront prières communes et particulières à ce qu’aucune âme associée ne parte de ce monde qu’en bon état, et assisteront en corps tant à l’administration des saints sacrements qu’à l’enterrement des associés et gardes des pauvres malades, pour lesquelles âmes on fera célébrer...

Du zèle que les associés auront de la conservation de la Charité des femmes aussi bien que de la leur

Et pouice que la Charité des hommes et celle des femmes n’est qu’une même Charité, ayant même fin et mêmes exercices, et qu’il n’y a que le ministère qui soit divisé, le soin des valides appartenant aux hommes, et celui des invalides aux femmes, et que Notre-Seigneur ne retire pas moins...

Formulaire du bon propos des serviteurs et des servantes

des pauvres

Pour davantage perpétuer cette association, le recteur d’icelle... et tous les associés et associées feront de même assez haut après lui, et dira le recteur : « Je ..., associé de l’association de la Charité, me propose d’observer le règlement d’icelle et de procurer de tout mon pouvoir la conservation et augmentation de ladite association, moyennant l’aide de Dieu, laquelle je lui demande humblement à cet effet. »

APPROBATION DE LA CONFRÉRIE

Monsieur Monsieur l’évêque de Soissons, ou Monsieur son grand viçaire.

Supplie humblement dame Françoise-Marguerite de Silly, comtesse de Joigny, disant qu’ayant su par expérience les grands biens qui arrivent de l'association de la Charité établie en plusieurs de ses villes et villages, elle désirerait la faire établir en ses villages qu’elle a dépendants de votre évêché et de la baronnie de Montmirail.

Ce considéré, Monseigneur, il vous plaise de permettre ledit établissement de la Charité en cesdits vil-

lages selon le règlement ci -dessus contenu, et de commettre le sieur Vincent de Paul, prêtre, bachelier en théologie, son aumônier, pour faire ledit établissement, et vous ferez une œuvre agréable à Dieu, obligerez ladite dame et ferez un grand bien aux pauvres.

Fait à Montmirail, ce sixième de mai mil six cent vingt-deux.

Françoise-Marguerite de Silly.

Nous, Charles de Macqueville, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique évêque de Soissons, ayant vu les statuts et ordonnances ci-devant écrites de l’association de la Charité, ensemble la requête aussi écrite de l’autre part, avons permis et par ces présentes permettons à ladite dame de faire établir ladite association de la Charité en tous les villages à elle appartenants dans notre diocèse, et, pour cet effet, commettons Monsieur Vincent de Paul, prêtre et bachelier en théologie, son aumônier, pour faire ledit établissement, donnant quarante jours d’itndulgence à tous ceux et celles qui entreront en ladite association.

Fait à Soissons, le treizième jour du mois de mai mil six cent vingt-deux.

CHARLES, èv. de Soissons.

ÉTABLISSEMENT DE LA CONFRÉRIE

Aujourd’hui dix -neuvième de juin mil six cent vingtdeux, en l’église paroissiale de Courboin, en la présence du frère Pierre Dieu, curé du dit Courboin et religieux profès de Saint-Jeam-des-Vignes, et de dame Françoise-Marguerite de Silly, comtesse de Joigny, baronne de Montmirail et dame dudit lieu de Courboin, et de la plus grande partie des habitants dudit Courboin, assemblés en ladite église, heure de vêpres, moi,

Vincent Depaul, prêtre, bachelier en théologie et aumônier de madite dame, député par Monseigneur l’évêque de Soissons pour faire l’établissement de l'association, de la Charité audit Courboin et autres villages dépendants de l’évêché dudit Soissons et appartenants à madite dame, selon qu’il est porté par la permission de mondit seigneur l’évêque, ci-dessus transcrite, dont l’original a été mis entre les mains des officiers de la Charité de Chamblon, fais foi à tous qu’il appartiendra qu’en vertu de ladite permission j’ai établi et établis ladite association de la Charité en ladite église de Courboin et au dedans la chapelle ci-devant nommée de Notre-Dame, qui est la plus proche du grand autel de ladite église; laquelle chapelle sera ci-après nommée la chapelle de Jésus ou de la Charité; et qu’ayant fait entendre en quoi consiste ladite association et expliqué les articles du règlement d'icelle ci-dessus contenus, j’ai exhorté ceux qui en voudront être de paraître et de donner leurs noms. Sur quoi, se sont présentés les soussignés et nommés, qui m’ont requis de les inscrire en ladite association; ce que j’ai fait; et premièrement ledit sieur curé dudit Courboin, J. -P. Dieu, Françoise-Marguerite de Silly, V. Lorain, Jacques Clément, P. Brission, Jean Lillesson, N. Gutinot, Nicolas Naudé, J. Hiernaut, Ch. Pourié, Cl. Mariquot, J. Guillou, L. Brission, N. Naudé, G. Tizon, E. Dubois, Sarrasin, Denis Dubois, J. Brission, P. de la Noue, J. le Jeune.

Outre lesquels ci-dessus signés, il en est d’autres qui se sont inscrits en ladite association, les noms desquels sont inscrits de l’autre côté; où il faut entendre que les femmes sont de la Charité aussi bien que leurs maris.

Et procédant à l’élection des officiers, ont été élus Pierre Naudé pour prieur, Gilbert Merlin pour trésorier, Jacques Clément pour visiteur des pauvres et

Claude Conte pour associé servant; et pour les officières : Jeanne Dubois, femme de Pierre Sarrasin, pour prieure; Jeanne Roses, femme d’Augustin Dubois, pour trésorière; Marguerite Naudé, femme de Jean Aymon, pour seconde assistante; et Pierre Brission pour procureur des malades.

Fait audit Courboin les jour et an que dessus.

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