‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 173 sur 314 · CHARITÉ MIXTE DE MONTREUIL · texte numérisé non relu

CHARITÉ MIXTE DE MONTREUIL

(i i avril 1627)

Nous Vincent de Paul, prêtre, licencié en droit canon, principal du collège des Bons-Enfants, joignant la porte Saint-Victor, en vertu du pouvoir à nous donné par Monseigneur l’ Illustrissime et Révérendissime Jean- François de Gondy, archevêque de Paris, d’ériger et établir la confrérie de la Charité ès lieux de son diocèse que nous jugerons être convenables, avons, de l’autorité susdite et du consentement des habitants de la paroisse de Montreuil, sur le bois de Vincennes, icelle érigée et établie, érigeons et établissons audit Montreuil; et pour éviter la multiplicité de confréries, avons, du consentement des confrères de la confrérie du Saint-Nom-de-Jésus, uni et incorporé, unissons et incorporons ladite confrérie de la Charité à celle du Saint-Nom-de-Jésus établie audit Montreuil, au moyen que lesdits confrères ont promis et promettent de pratiquer les saints exercices suivants, qui ont accoutumé de se pratiquer en ladite confrérie de la Charité, qui sont :

Document 138. — Doc. autog. — Arch. des Filles de la Charité, orf. ginal.

D’assister spirituellement et corporellement tous les pauvres malades de ladite paroisse de Montreuil : spirituellement, en aidant à bien mourir ceux qui tendront à la mort, et faisant faire résolution de ne jamais plus offenser Dieu à ceux qui guériront; et corporellement, en leur administrant toutes les choses nécessaires pour leur nourriture et médicaments, après qu'ils auront été confessés et communié s.

Qu’à cet effet lesdits confrères et sœurs serviront, chacun leur jour, selon l’ordre du pain bénit, lesdits pauvres malades; leur apprêteront à dîner et à souper et leur apporteront à leurs maisons ; donneront à chaque malade autant de pain qu’il en pourra manger, demi-chopine de vin, mesure de Paris, par repas, et cinq onces de mouton ou de veau au dîner, autant au souper, es jours de chair; et ès jours maigres, deux œufs et un peu de beurre, le matin, avec un potage, et le soir autant. Et seront admis lesdits pauvres malades au soin de ladite confrérie et congédiés par M. le curé et les maîtres d’icelle.

Que pour subvenir à la dépense de la nourriture desdits malades, lesdits confrères et sœurs quêteront chacun tour à tour, les dimanches et fêtes, en ladite église

de Montreuil, et bailleront la quête le même jour au trésorier, qui sera l’un des maîtres de ladite confrérie du Saint-Nom-de-Jésus, en la présence de l’autre, qui tiendra le contre-rôle desdites quêtes.

Que l’argent de ladite confrérie sera gardé dans un coffre à trois clefs, dont chacun des maîtres gardera la sienne, afin que l’un d’eux ne puisse toucher à l’argent sans l’autre; et que, pour le courant de la dépense, le trésorier, qui sera l’un desdits maîtres, gardera quatre écus, et non plus, entre ses mains, et sera tenu de ren- k dre compte en la présence des habitants de la paroisse, au jour porté par le règlement de ladite confrérie du

Saint-Nom-de-Jésus. Et afin que chaque confrère sache mieux ce qu’il est obligé de faire, le présent règlement sera lu tout haut à l’église par monsieur le curé, ou par tel autre qu’il lui plaira, tous les premiers dimanches du mois, après vêpres, un an durant, et après cela, une fois l’an, le jour de la fête de ladite confrérie, après vêpres, le tout sans obligation à péché mortel, ni véniel.

Fait audit Montreuil, l’onzième jour du mois d’avril mil six cent vingt-sept, en présence des soussignés.

Vincent Depaul.

FrANÇ[OIS], archev. de Paris.

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