Première rédaction : de l’Evangile
Passons au second point, qui est des motifs qui vous doivent porter à faire votre possible afin que ces pauvres gens fassent leur confession générale, et qui vous serviront aussi pour porter ces pauvres gens à le faire :
i° De ce qu’on n'est pas assuré si les prêtres auxquels ils se sont confessés avaient le pouvoir du Pape, de l’évêque ou du curé de la paroisse de les confesser 10 ;
2° Pource qu’ils ne sont pas assurés s’ils avaient la science suffisante;
3° Pource que quatre choses sont nécessaires pour faire comme il faut les confessions ordinaires, et que nous ne savons pas s’ils ont observé ces quatre choseslà, dont la première est l’examen de conscience, la seconde d'avoir regret d'avoir offensé Dieu.
Des motifs desquels vous devez vous servir pour porter ces pauvres gens à faire confession générale :
i° Qu’on se confesse à un prêtre qui ait ce pouvoir du Pape, de l’évêque, ou du curé du lieu ;
2° Qu’il faut se confesser à des confesseurs capables:
3° Qu’il faut examiner sa conscience avant que d’aller à confesse;
4° Qu’il faut avoir regret d’avoir offensé Dieu;
5° Qu’il faut dire tous ses péchés et n’en retenir pas un ;
6° Ou'il faut faire résolution de ne plus offenser Dieu, d’accomplir la pénitence, de fuir les occasions de pécher, de restituer.
Or, il leur faut dire si, quand ils se sont confessés, ils ont observé toutes choses. Elles répondront sans doute que non. Quel remède à cela leur faudra-t-il dire? Le remède à cela, Mesdames, c’est la confession générale, en laquelle on confesse tous les péchés de la vie passée, soit que l’on les ait confessés, ou non.
io. Première rédaction : absoudre.
Parlons maintenant de votre petit règlement selon lequel vous devez vous comporter.
Du reglement des dames
1. Les dames destinées à ce saint œuvre se ressouviendront et repasseront souvent par l’esprit que la fin, ou, pour mieux dire, le dessein de Notre- Seigneur sur elles en ce bon œuvre est qu’elles disposent les pauvres femmes malades à faire une confession générale de toute leur vie passée, afin de mieux aider à bien mourir ceux qui tendront à la mort, et faire faire résolution de ne plus offenser Dieu à ceux qui guériront.
2. Elles seront quatorze en nombre, tant veuves que mariées, qui seront choisies par les officières de ladite Compagnie, sous la direction desquelles elles demeureront, et seront en cet emploi six mois durant, et d’autant, si lesdites officières l’agréent et elles le peuvent faire commodément.
3. Elles se communieront les jours quelles s’emploieront à ce bon œuvre, à ce qu’il plaise à Dieu de parler lui -même par leur bouche à ces pauvres gens.
4. Elles travailleront à ce bon œuvre deux à deux chaque jour, se rendront à cet effet à l'Hôtel-Dieu, à deux heures après midi, là où, après avoir adoré le Saint Sacrement et après lui avoir offert le travail qu’elles iront faire, elles lui demanderont la grâce de dire aux pauvres malades ce qu’il désire qu’il leur soit dit de sa part pour leur salut 11 .
5. Cela fait, elles s’en iront aux salles des femmes, se partageront, et chacune travaillera toujours au quartier qui lui écherra la première fois, jusques à ce qu’elles aient fait leur possible pour disposer ces pauvres gens
11. Première rédaction : malades des paroles de la vie éternelle.
à la confession générale. Et cela fait, elles se retireront, après avoir adoré le Saint Sacrement, remercié Dieu de la grâce qu’il leur aura faite de les servir au salut de ces pauvres membres, et prié de leur faire la grâce de bien faire leur confession.
6. Quand elles trouveront quelque pauvre créature qui est dans le péché et en désire sortir, elles en avertiront la supérieure, afin qu’elle fasse son possible pour y pourvoir.
7. Si quelqu’une d’elles tombe malade, ou va à la campagne, elle en donnera avis à la supérieure, afin qu’elle y pourvoie 12 .