‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 26 sur 314 · A LA CURE DE CHATILLON · texte numérisé non relu

A LA CURE DE CHATILLON

(29 juillet 1617)

Thomas de Meschatin La Faye, [camerarius canocicus et cornes Ecclesiae Lugdunensis, consilianus in suprema Parlamenti Dombarum curia, ofhcialis primatialis et vicarius generalis m spiritualibus et temporalibus Illustrissimi et Reverendissimi in Christo Patris Domini Dyonisii Simonis de Marquemont, miseratione clivina et Sanctae Sedis Apostolicae gratia Archiepiscopi et Comitis Lugdunensis, Galliarum primatis ac in supremo Regis nostri Christianissimi consilio] consiliarii. dilecto nobis in Christo Venerabili Domino Vincentio de Paul, presbytero, in theologia baccalaureo, Aquensis Dioecesis, salutem in Domino.

Litterarum scientia, vitae [ac morum honesta, aliaque

Document 19. — Arch. dép. du Rhône, reg. Prov., n° 8, p. 3 19 v°, et reg. 81 des Insinuations, f° g3. Le document a été publié par Philippe Cordenod, op. cit ., p. 12.

laudabilia probitatis et virtutum mérita, super quibus apud nos fi.de digno oommendaris testimonio, nos inducunt ut ilia tibi favorabiliter concedamus quae tuis commoditatibus fore conspieimus opportuna; horum igitur meritorum tuorum intuitu] et favore, parochialem eoclesiam Sancti Martini de Buenens et Sancti Andreae de Chastillon, ejus annexae, dicti Lugdunensis Dioecesis, ad praesens liberam et vacantem, propterea quod personaliter constitutus magister Matheus Chevallier, procurator et procuratorio nomine magistri Joannis Lourdelot, illius ultimi possessoris, illam in manibus nostris ac secretarii Sedis Archiepisoo palis Lugdunensis infrascripti et testium infrascriptorum praesentia pure et simpliciter resignavit (quam resignationem admisimus et admiltimus per praesentes) tibi, tanquam benemerito et idoneo, praesenti et acceptanti, ac, ea de re monitus et certior factus, personalem in dicta parochiali ecclesia residentiam facere atque ab ea sine causa légitima in scriptis approbata non abesse, sub poena privation is ejusdem parochialis ecclesiae, promittenti., pleno jure contulimus et conferimus, ,ac de ilia suisque juribus universis providimus et providemus, teque in et de ea instituimus et investimus ac in possessionem vel quasi ejusdem posuimus et induximus tenore et per concessionem praesenti/um litterarum, jure cujuslibet alterius salvo, ipsius parochialis ecclesiae et jurium suorum universorum regimen et administrationem in spiri.tualibus et temporalibus tibi plenarie committendo. Nos enim a te recepimus juramentum, intalibus praestari solitum. Mandantes propterea dicta auctoritate, primo presbytero aut notarié publico, super hoc requirendo, quatenus te, seu prccuratorem tuum pro te et nomine tuo, in corporalem, rcalem et actualem possessionem dictae parochialis ec- Lesiae, et jurium istorum uni verser um ponat et inducat,

servatis solemnitatiibus consuetis. In eu jus rei testimonium sigillum camerae praefati Illustrissimi Domini Archtepiscopi, litteris praesentibus duximus apponendum.

Actum et datum Lugdumi, die vigesima nona Juin, anno Domini millesimo sexcentesimo decimo septimo, praesentibus ibidem magistris Boneto Alix, practico, et Michaele Combret, theologo, Lugduni commorantibus, testibus ad praemissa adstantibus et vocatis, subsignatis V. Depaul, Meschatin La Faye, Chevallier, procuratore.

Per Reverendum Dominum Vicarium Generalem praefatum.

Livet.

20. — ACTE DE PRISE DE POSSESSION DE LA CüRE DE CHATILLON-LES-DOMBES

(itr août 1617)

A tous soit notoire que, le premier jour du mois d’août, après midi, mil six cent dix- sept, devant moi notaire royal soussigné et en présence des témoins sousnommés, s’est présenté devant la grande porte de l’église paroissiale de Buenens, fondée sous le vocable de Saint-Martin, vénérable personne Messire Vincent de Paul, prêtre et bachelier en la sainte et sacrée théologie, du diocèse d’Acqs, lequel adressant sa parole à Messire Guillaume Sauvageon, prêtre, vicaire en ladite église de Buenens et en celle de Saint-André de Châtillon, son annexe, lui a dit et remontré que, suivant la résignation à lui faite par Messire Mathieu Chevallier, procureur, et ce au nom de Messire Jean Lordelot, dernier possesseur de la cure de ladite église de Buenens et Saint-André dudit Châtillon, et en conséquence des lettres patentes

Document 20. — Arch. dép. du Rhône, reg. des insinuations, t. LXXXI, f° q3. Le document a été publié par Philippe Cordenod,

of. cit ., p. i5.

par lui sur ce obtenues de Messiare Thomas de Meschatin La Faye, chambellan, chanoine et comte de l’église Saint- Jean de Lyon et vicaire général de Monseigneur l’archevêque dudit Lyon, en date du vingt-neuvième juillet prochain passé, signées Meschatin La Faye, de Paul, Chevallier, procureur, et Livet, et scellées au grand sceau en dire rouge, qu’il a réellement produites et exhibées audit Messire Sauvageon, le requérant, en vertu desdites patentes, de le vouloir mettre en la pleine et réelle possession et jouissance de la cure desdites églises de Saint-Martin de Buenens et Saint- André dudit Châtillon. Ce que ledit Messire Sauvageon a accepté et offert de faire, sans préjudice toutefois des fruits et revenus dépendants de ladite cure, qu’il prétend recevoir jusques à ce aujourd’hui, pour l’avoir desservie avec Messire Hugues Rey, son associé au vicariat. Et au même instant a ledit Messire de Paul pris par la main dextre, et, après avoir ouvert la grand’porte de ladite église de Buenens, aspergé d’eau bénite et sonné trois coups à la grosse cloche d’icelle, fait sa prière au devant le grand autel, puis, i celui baisé, ayant aussi traité et manié entre ses mains les ornements de ladite église, et autrement, tout ainsi que mieux a pu et dû, a ledit de Paul requis moi, notaire royal soussigné, de tout acte, pour lui servir et valoir en temps et lieu comme de raison, que je lui ai octroyé.

f ait en ladite église de Buenens, présents Messire Jean Besson et Pierre Genoud, prêtres sociétaires en ladite église Saint-André dudit ChâtiMon, honorable Jeun, fils de feu honnete Jean Beynier, honnêtes Jean

frères, bourgeois, tous dudit Châ-

Sauvageon.

Genoud. Beynier.

Blanchard,

et Jacques Beynier, tillon, témoins.

Depaul.

Besson.

Ledit jour et au même instant, ledit Mess ire de Paul, est parti dudit Buenens et venu audit Cliatillon, assiste dudit Messire Sauvageon, de moi, notaire, et desdits témoins, puis, s’étant présente au devant de la grand porte de ladite église Saint-André dudit Chatillon, a derechef exhibé et présente ses patentes ci-devant désignées audit Messire Sauvageon, le requérant le vouloir mettre en possession de la cure de ladite egLse Saint- André, en conséquence de ladite résignation a lui faite par ledit Messire Chevallier, suivant quoi ledit Messire Sauvageon, sous les protestes contenues audit acte, aurait de même pris par la main dextre ledit Messire, puis, étant entré dans ladite église, et après avoir, par ledit Messire de Paul, sonné la grosse cloche trois coups, baisé le grand autel d’icelle, traité et manié entre ses mains les ornements et habillements de ladite eglise, a la forme du précédent acte, il m’a aussi du tout requis acte, qui lui a été octroyé.

Fait en ladite église, présents les témoins, qui tous ont signé, à la forme ci-devant déclarée, et moi, notaire royal, expédiant pour ledit Messire de Paul, ce requérant.

Blanchard.

21. — RAPPORT DE CHARLES DEMIA SUR LE SÉJOUR DE SAINT VINCENT A GHATILLON-LES-DOMBES

Messire Charles Demia, prêtre, docteur ès saints décrets en l’Université de Paris, demeurant ci-devant au séminaire de la Mission des Bons-Enfants et de Saint- Sulipice ’de Paris, a recueilli, succinctement, de quelques

Document 21. — Copie de cet acte se trouve dans un des volumes du procès de Béatification de saint Vincent. (Arch. de la Congrég. des Rites.) Collet le date du 7 août i665 et nous apprend qu’il fut passé devant Pierre Besson et Jean Collet, notaires royaux à Çhâtillon. ^Collet, of. cit., t. I, p. 60, en note.)

entretiens qu’il a eus avec les plus anciens et principaux: habitants de Châtillon, ce qui s’ensuit concernant ce qui s’est passé pendant que vénérable Vincent de Paul* prêtre, a séjourné et a été curé dans Châtillon; ce qu’il a ouï affirmer être véritable et que ceux qui ont su écrire, ont voulu signer pour servir plus authentiquement là où il sera besoin.

En l’année mil six cent dix-sept, la cure de Châtillonles-Dombes, pays de Bresse, étant vacante par la mort du sieur Soyront, bénéficier de Sainte-Croix de Lyon et curé de Châtillon, Messieurs les comtes de Saint- Jean, de’ qui dépend cette cure, et celui particulièrement auquel échoit la nomination, étant poussé du zèle de la maison de Dieu, s’adressa au Père Bence, supérieur de l’Oratoire, afin de lui indiquer quelque bon ecclésiastique pour l’en pourvoir, lui exposant l’extrême besoin de cette grande paroisse.

11 y avait près de quarante ans que cette cure n’était possédée que par des bénéficiers de Lyon, qui ne venaient dans Châtillon que pour tirer le revenu de ce bénéfice et pour ne pas donner lieu à un dévolu. De plus, Messieurs Beynier, Garron, Guichenon, Alix et les principaux habitants de cette ville étaient huguenots. Il n’y avait que six vieux prêtres sociétaires, qui vivaient dans un grand libertinage, n’y ayant aucun religieux ni religieuse en cette ville, où il y avait près de deux mille habitants, la plupart de ces prêtres gardant chez eux des filles et femmes, au scandale de tout le monde, et enfin quantité d'autres abus. Ce que monsieur le comte ayant exposé à ce bon prêtre de l’Oratoire', qui, ne voyant de sujet propre à remédier à tant de maux, ni qui meme le voulût entreprendre, à cause que cette cure était de grand travail et n’avait de revenu en ce temps-là que cinq cents livres, il en écrivit donc à Monsieur de Berulle à Paris, le priant de lui indiquer quelque homme-

de bien, qui, ne recherchant ses intérêts propres, recherchât purement ceux de Jésus-Christ. Monsieur de Bérulle, ayant proposé tout cela à M. Vincent de Paul, lui ht accepter cet emploi, si bien que, s’étant mis incontinent après en chemin et étant à Lyon, le Révérend Père Métezeau, qui connaissait le sieur Beynier, l’un des principaux de Châtillon, lui remit une lettre qu’il lui adressait en faveur de Monsieur Vincent, le priant, à sa considération, de le servir en tout ce qu’il pouvait.

Monsieur Vincent étant arrivé à Châtillon environ le carême de l’année 1617 et ayant remis la susdite lettre,, le sieur Beynier le retint chez soi et le voulut loger, tant à cause du Père Métezeau, son bon ami, que parce que la maison curiale était inhabitable, pour être toute ruinée.

Le sieur Beynier, étant de la religion prétendue réformée, vivait dans tout le libertinage que la multitude des biens dont il était pourvu abondamment, et la jeunesse lui inspiraient, et que les débauchés fomentaient par leur fréquentation; mais, s’étant ensuite converti, il fut un exemple de vertu, ainsi que l’on verra après.

Incontinent après que le sieur Vincent fut arrivé à Châtillon, s’étant informé de quelques personne de piété de l’état de cette paroisse, et ayant appris la vérité des désordres que Monsieur de Bérulle lui avait exposés, et en ayant découvert quantité d’autres, il vit bien qu’il avait besoin d’une puissante aide; ce qui l’obligea d’avoir quelque bon ecclésiastique pour le seconder, qui fut Messire Louis Girard, prêtre, docteur en théologie, de la paroisse Jayat 1 en Bresse, qui était en estime, particulièrement dans la province, tant pour sa vertu, que pour son savoir, lequel depuis succéda à Monsieur Vincent.

t. Localité de l’arrondissement de Bourg (Ain).

Mais, afin de procéder avec plus d’ordre aux déclarations que lesdits habitants de Châtillon nous ont faites ci-devant en divers temps, et sur les demandes que nous leur en avons faites, l’on a estimé qu’il était à propos d’en faire quelques articles particuliers touchant la manière dont il se comporta envers sa famille, envers Dieu, soi-même et les ecclésiatiques, envers ses paroissiens et, en dernier lieu, envers son église.

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