‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 44 sur 314 · Jean Jouhaud, secrétaire de l’abbé de Cîteaux · texte numérisé non relu

Jean Jouhaud, secrétaire de l’abbé de Cîteaux

je l’ai abandonné, ni quel est ce soulèvement, ni cette triple cabale qu’il dit avoir été faite contre lui.

Je ne sais aussi quel est ce bon office qu’il dit avoir voulu rendre à notre congrégation, et avoir été empêché par moi, si ce n’est qu’il entende de ce qu’il dit, que je n’ai voulu suivre ses avis touchant notre congrégation. Or, ne m’en a-t-il jamais donné aucun touchant la direction de la Compagnie.

J’ai vu une fois ledit sieur de Saint-Cyran dans sondit logis à Paris depuis son retour, où nous ne parlâmes point du contenu de la lettre, sinon que d’abord je lui diis que je le remerciais de ce qu’il s’était déchargé à moi, par ladite lettre, de la fâcherie qu’il en avait eue.

Te ne me ressouviens point d’avoir dit à personne que j’eusse reçu ladite lettre et que je la gardasse, sinon à M. Dauzenat, qui lors était aumônier de Madame la duchesse d’Aiguillon, et maintenant argentier de mondit seigneur le cardinal.

J’ai gardé ladite lettre pour montrer que je ne participais point à ladite’ pratique dudit sieur de Saint-Cyran, ni aux opinions dont on le blâmait, au cas qu’il en fût recherché.

Dès que M. de Laubardemont m’eut parlé de ladite lettre, de la part de mondit seigneur le cardinal, ou deux jours après, j’apportai ladite lettre à Son Eminence et dis à mondit sieur Lescot, le même jour, que je l’avais.

M. Barcos ni M. Singlin ne me sont venus voir pour me prier de ne rien dire contre M. de Saint-Cyran.

Jamais je n’ai appelé mondit sieur de Saint-Cyran mon maître.

Je ne sais pourquoi ladite lettre n’a point été fermée ; bien suis-je mémoratif qu’elle était dans une enveloppe de papier cacheté et qu’il n’y avait aucune autre lettre qui l’accompagnât.

J’ai appris depuis 3 jours d’un nommé M. Tardif qu’une copie de ladite lettre s’était trouvée entre les. papiers dudit sieur de Saint-Cyran, qui furent saisis lors de l’emprisonnement dudit sieur de Saint-Cyran et que ladite copie était écrite de la main de la supérieure de la Visitation de Poitiers 3, et pense qu’il ajouta, que l’original m'avait été envoyé par ladite supérieure; mais je n’en sais rien.

Je n’ai jamais reçu aucune lettre de ladite supérieure touchant les opinions et pratiques qu’on impute audit sieur de Saint-Cyran, ni même touchant ladite lettre, non plus que pour aucun autre sujet, sinon une ou deux que je reçus, il y a 4 ans, ou environ, touchant l’établissement de la Visitation à Poitiers, auquel je m’employai vers ledit sieur de Saint-Cyran pour en écrire à Monseigneur de Poitiers.

Et c’est tout ce que je sais touchant ladite lettre.

Et pour ce qui est des quelques autres articles sur lesquels j’ai aussi été interrogé par ledit sieur Lescot, je dis que, touchant celui qui est si je n’ai pas ouï dire au sieur de Saint-Cyran que Dieu détruit son Eglise depuis 5 ou 600 ans, alléguant ces paroles de Salomon ternpus destruendi , et que la corruption s’y est glissée, même dans la doctrine; je réponds lui avoir ouï dire une fois seulement ces paroles, que Dieu détruit son Eglise, et aussi que, selon cela, il semble que ceux qui la soutiennent fassent contre son intention. Et il disait cela, ce me semble, en suite de quelques discours des. jugements de Dieu, de la corruption des mœurs. Et d’abord cette proposition me fit peine; mais j’ai pensé depuis qu’il le disait au sens qu’on m’a dit que le Pape Clément VIII disait qu’il pleurait de ce qu’il voyait que,.

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