‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 45 sur 314 · La R. M. Anne de La^e · texte numérisé non relu

La R. M. Anne de La^e

tandis que l’Eglise s’étendait aux Indes, il lui semblait qu’elle se détruisait de' deçà. Et pour ce qu’il dit qu’il semble que ceux qui la soutiennent fassent contre l’intention de Dieu, je pense que cela se doit expliquer par les actions de la vie dudit sieur de Saint-Cyran, qui étaient la plupart pour le soutien de l’Eglise. Témoins ses écrits et ce qu’il faisait faire pour le salut des âmes. Et pour le reste de l’ article, je ne lui en ai jamais ouï parler.

Sur la demande si je n’ai pas ouï dire audit sieur de Saint-Cyran que le Pape et la plupart des éveques, curés, etc., ne font pas la vraie Eglise, étant dépourvus, de la vocation et de l’esprit de la grâce ; je réponds ne lui avoir jamais ouï dire ce qui est contenu dans ladite demande, si ce n’est une fois seulement, que plusieurs évêques étaient enfants de la cour et n’ avaient point de vocation. Jamais néanmoins je n’ai vu personne plus estimer l’épiscopat que lui, ni quelques évêques, comme feu M. de Comminges 4. Il avait grande estime aussi de feu François de Sales, évêque de Genève, et l’appelait bienheureux.

Enquis si je ne lui ai: pas ouï dire que le concile de Trente a changé et altéré la doctrine de l’Eglise et n’est pas un concile légitime; je réponds ne lui avoir jamais ouï dire cela, oui bien qu’il y avait eu des brigues dans ledit concile.

Interrogé si je ne lui ai pas ouï dire que c’est un abus de donner l’absolution incontinent après la confession, suivant la pratique ordinaire, et qu’il faut satisfaire auparavant; je réponds ne lui avoir jamais ouï dire que ce fût un abus d’en user de la sorte que dit la demande. Je lui ai bien ouï parler de la pénitence avant l’absolu-

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