‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 46 sur 314 · Barthélemy de Donnadieu de Griet · texte numérisé non relu

Barthélemy de Donnadieu de Griet

tion, mais je ne me ressouviens pas en quels termes.. Mais l’expérience fait voir comme il entendait ce qui est contenu en ladite demande, parce qu'il nous a fait faire la mission dans les paroisses qui dépendent de son abbaye de Saint-Cyran et nous a offert maintes fois un prieuré qu’il a auprès de Poitiers, pour faire de même dans l’évêché dudit Poitiers; et chacun sait que nous faisons le contenu de ce que dit l’article.

Enquis si je ne lui ai pas ouï dire que le juste ne doit avoir autre loi que les mouvements intérieurs de la grâce pour vivre en la liberté des enfants de Dieu, et que les vœux sont imparfaits, s’opposant à cette liberté de l’esprit de Dieu; je réponds que je ne lui ai jamais ouï dire’ les paroles, que le juste ne doit avoir autres lois que les mouvements intérieurs de la grâce, et alléguer ces paroles de saint Paul : ]usto lex non est posita. Mais je ne me ressouviens pas en quels termes il parlait avantageusement des mouvements intérieurs de la grâce, ni à quel propos il alléguait les paroles de saint Paul. TLt pour les vœux, je suis en doute si je lui ai ouï dire lesdites paroles de la demande. Je sais néanmoins qu’il a assisté un sien neveu pour se faire Capucin dans la province de Toulouse, et mené lui-même le fils d’un de ses amis aux Carmes, réformés.

Enquis s’il n’avait pas dit que les Jésuites et les autres nouveaux religieux qui se mêlent des fonctions cléricales doivent être ruinés; je' réponds lui avoir ouï blâmer quelques opinions des Jésuites, notamment touchant la grâce, et me semble lui avoir ouï dire que, s’il était dans son pouvoir de ruiner les Jésuites, ou quelqu’un d’eux, il le ferait, quoique je lui aie ouï dire beaucoup de grandes louanges des premiers de leur Ordre; et me semble, de plus, lui avoir ouï dire qu’il ne voulait point de mal à la Compagnie desdits Jésuites et qu’il donnerait sa vie pour icelle et pour chacun d’eux; qui

fait que j’estime qu’il voulait dire par ruiner les Jésuites, que, si cela dépendait de lui, il leur ôterait la faculté d’enseigner lu théologie. Mais, pour le reste de 1 article, je ne sais ce que c’est.

Touchant plusieurs articles, comme si la contrition parfaite' est absolument necessaire au sacrement de pénitence ; si on ne peut donner 1 absolution sacramentelle qu’à ceux qui sont vraiment contrits; que l’absolution ne remet pas le péché, mais déclare seulement qu’il est déjà remis, savoir en vertu de la contrition qui a précédé, et doit précéder 1 absolution ; que les péchés véniels ne sont point matière suffisante de l’absolution sacramentelle ; qu’il n’est pas necessaire de confesser le nombre' des péchés mortels, ni les circonstances qui changent l’espèce du péché; que la vraie foi n’est point distinguée de la charité; que l’Eglise depuis 6oo ans n’est point la vraie Eglise; touchant ces articles, dis-je, et plusieurs autres sur lesquels j’ai été enquis par ledit sieur Lescot, je réponds n’en avoir jamais ouï parler audit sieur de Saint-Cyran. Qui est tout ce que je sais touchant ledit sieur de Saint-Cyran.

J’ai écrit tout ce que dessus de ma main propre, et, après l’avoir relu, j’y ai persisté et signé.

Vincent Depaul.

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