‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 48 sur 314 · En not£ : « C’était au mois d’octobre précédent · texte numérisé non relu

En not£ : « C’était au mois d’octobre précédent

lettre dont la suscription est « A Monsieur Vincent, supérieur de la Mission », commençant par ces mots « Monsieur, depuis la dernière fois que j’eus l’honneur » •et finissant « pour prendre celle de Monsieur, votre, etc. », datée de Paris, du 20 novembre mil six cent trente-sept, contenant cinq pages, écrite de la main dudit sieur de Saint-Cyran, ainsi qu’il nous a dit ; et enduis s’il n’a pas écrit ladite lettre audit sieur Vincent;

A reconnu avoir écrit ladite lettre, laquelle il a paraphé avec notre greffier, et que c’est celle dont il a parle •ci-devant.

g, — Interrogé de quelle personne mourante ledit sieur de Saint-Cyran a entendu parler au commencement de ladite lettre, lorsqu’il dit qu’il avait « toujours été malade, un mois durant, d’une impression maligne que lui avait faite, comme il croit, une personne mourante, qu’il avait assistée le long d’une nuit » ;

A dit que c’était Madame d’Andilly, laquelle mourut d’un flux de sang.

10. — Interrogé ce qu’il entend par ces mots « d une Impression maligne » ;

A dit qu’il entendait parler de l’infection de la chambre où ladite dame mourut, laquelle lui causa un pareil flux de sang.

11. — Interrogé ce qu’il entend par « les derniers discours » qu’il dit « ledit sieur Vincent avoir eus avec lui » ;

A dit que c’étaient ces quatre choses dont il a fait mention ci-dessus.

12. — - Interrogé ce qu’il veut dire par ces mots de ladite lettre : « J’en avais d’autres dans 1 ame, que vous ignorez, pour lesquelles j’ai sujet de craindre les jugements de Dieu » ;

A dit qu’il entendait parler de la mémoire de ses pé-

chés, lesquels il avait en l’esprit, dans l’incertitude du succès de sa maladie périlleuse.

13. — Interrogé ce qu’ill entend par ces mots « des vérités catholiques qui passaient pour mensonges et faussetés parmi ceux qui aiment plus la lueur et l’éclat que la lumière de la vérité et de la vertu » ;

A dit que par ces mots de « vérités catholiques », etc., il entendait parler des quatre choses ci-dessus mentionnées, entre lesquelles la première est si véritable que les anciens Pères et docteurs et les directeurs de ce temps s’accordent tous en cela, saint Augustin disant au nom de tous : P oenitentia morituri moritura; et Grenade allègue, dans un discours entier qu’il fait sur ce point, cinq raisons de Joannes Scotus; et que les trois autres points ne sont pas de plus grande conséquence, ni moins reçus d’un chacun.

14. — Interrogé, s’il est ainsi que, par ces quatre vérités qu’il dit être tellement reconnues et avouées d’un chacun, il n'entend autre chose que ce qu’il dit, comment il est possible que ces vérités « passent pour des mensonges et faussetés parmi ceux qui aiment plus la lueur et l’éclat que la lumière de la vérité et de la vertu », étant certain d’ailleurs que ceux qui aiment la lueur et l’éclat de la vertu se gardent bien de croire qu’il fallait attendre à l’extrémité de la vie, dans une forte maladie, à faire pénitence;

A dit avoir dit ces choses fort simplement, et autant de' la première vérité que des autres, dont il ne se souvient pas. Et quoique ledit répondant ne se souvienne pas de toutes les idées qu’il avait écrivant ladite lettre et que les paroles ci-dessus aient été peut-être écrites sur les sujets des deux autres points, qu’il a oubliés, elles peuvent encore fort bien s’entendre de ceux qui se contentent de l’extérieur de la religion, sans se soucier de faire une vraie pénitence, se confiant trop en la misé-

ricorde de Dieu. Il a pu avoir aussi lors en l’esprit ces paroles de saint Augustin : V eritatem coruscantem amant , redar guentem oderunt ; et dit que, s’il se souvient des autres choses oubliées, il les dira fort librement.

15. — Interrogé ce qu’il entend par ces mots « la disposition d’humilité que vous avez au fond du cœur pour croire à ce qu’on vous ferait voir dans les livres saints, me fait assez connaître qu’il n’y avait rien de plus facile que de vous faire consentir, par le témoignage même de vos yeux, à ce que vous détestez maintenant comme des erreurs » ; et particulièrement interrogé ce qu’il entend par ces derniers mots, « ce que vous détestez maintenant comme des erreurs » ;

A dit qu’il entendait parler de ces quatre choses dont est fait mention ci-dessus, comme’ il est clair par la suite, et que, croyant ledit sieur Vincent vraiment humble, il les recevrait volontiers, les voyant écrites dans les livres saints et dans les Pères.

17. — • Interrogé ce qu’il entend par « cette cinquième correction » qu’il dit que ledit sieur Vincent lui avait « faite et ajoutée aux autres quatre » ;

Dit qu’elle n’est autre que celle qui a été auparavant mise la dernière entre les quatre.

18. — Interrogé si les choses dont il parle en ces termes : « Je jugeai que ce n’était pas le temps de se défendre et de vous éclaircir, par des preuves même sensibles et inartificielles, l’importance de ces choses que vous trouvez mauvaises jusques à les condamner hardiment sans les entendre », sont toutes les mêmes choses dont il a parlé ci-dessus;

A dit que sont toutes les mêmes choses, et non autres.

20. — Interrogé s’il ne tient pas M. Vincent pour homme de bien, d’honneur, homme discret, judicieux et bien avisé;

Page 1