‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 49 sur 314 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

A répondu qu’il le tient pour homme de charité, de bonne volonté et faisant profession d’être prudent.

21. — • Interrogé s’il le croyait en effet prudent et homme de bien ;

A dit qu’il croit ledit sieur Vincent prudent, mais qu’il se peut tromper par faute de lumières et intelligence dans les choses de la doctrine et de la science, et non faute de bonne volonté, et qu’il le tient homme de' bien.

22. • — - Interrogé si c’est sur les quatre points ci-dessus mentionnés qu’il a souffert la persécution qu’il dit dans ladite lettre avoir endurée;

A dit que non et que ce fut pour les mécontentements qu’on avait eus de ce qui s’était passé en la maison du Saint-Sacrement 2.

23. — • Interrogé s’il ne se souvient pas pour le moins que ces quatre points fussent d’importance;

A dit qu’ils étaient frivoles et de nulle importance et tels que les plus grands ennemis de lui répondant ne lui ont jamais reproché, autant qu’il ait pu s’en souvenir, et qu’il était si facile d’y répondre qu’icelui sieur Saint-Cyran les ayant rapportés, sitôt que ledit sieut Vincent fut parti, à un homme' savant, il trouva étrange que lui répondant avait traité ledit sieur Vincent avec tant de douceur.

24. — Interrogé comme il est possible qu’il ait oublier ces points, puisqu’il se souvient si bien que ces pointsétaient frivoles et de nulle conséquence, et que même il en parla à un homme savant, et que cet homme savant

1 2. L’Institut du Saint-Sacrement avait été fondé à Paris, rue Coquil ; litre, par Sébastien Zamet, évêque de Langres, avec la collaboratio de Marie*Angélique Arnauld. Les religieuses qui en faisaient parti honoraient tout spécialement Jésus eucharistique par l’adoration perpti tuelie de nuit et de jour. (Voir sur cet Institut les excellentes pages d Louis N. Prunel, Sébastien Zamet> p. 208 et suiv.)

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s’étonna de ce qu’il n’avait pas répondu audit sieur Vincent assez fortement, et quel était cet homme savant;

A dit qu’il arrive souvent qu’on oublie la substance des choses et qu'on peut se ressouvenir des circonstances, et que l’homme savant dont il parle est un sien neveu, nommé M. de Barcos.

25. — Interrogé encore comment il se peut faire que ces points lui soient échappés de l’esprit, attendu que ledit sieur Vincent fut voir lui répondant chez lui, et qu’icelui répondant écrivit audit sieur Vincent une longue lettre, ci-dessus mentionnée, touchant lesdits points, et ne lui aurait écrit ladite lettre qu’ « après avoir laissé passer le temps nécessaire pour évaporer la chaleur qui était montée à la tête » de lui Saint-Cyran, ainsi qu’il dit par ladite lettre, de manière qu’il aurait pensé et médité longtemps sur ce que ledit sieur Saint- Cyran lui aurait dit, et s’il est croyable qu’il ait oublié ces points ainsi circonstanciés, mais encore des points que lui répondant dans ladite lettre appelle des « vérités catholiques » et lesquels il dit être « détestés » par M. Vincent comme des erreurs;

A dit qu’il a oublié pourtant et qu’il n’a tardé à écrire ladite lettre audit sieur Vincent que pour lui rendre un témoignage de son amitié. Car, au lieu qu’il n’a rien dit aux autres, ni des autres qui l’ont tant persécuté, il lui a voulu faire sa plainte, tant afin qu’il ne crût pas qu’il eût aucun ressentiment de ce qu’il lui était venu dire chez lui répondant, que pour faire connaître audit sieur Vincent qu’il avait tort de croire que lui sieur de Saint-Cyran eût des erreurs, vu que la première chose qu’il lui avait reprochée, comme lui ayant autrefois été dite par ledit sieur Saint-Cyran est une vérité catholique, tenue pour telle tant par les anciens que par les docteurs de oe temps.

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