‹ Correspondance, entretiens, documents (volume 5)Chapitre 73 sur 314 · DE LA GRACE · texte numérisé non relu

DE LA GRACE

i° Il importe que Ton soit bien instruit sur le différend qui est aujourd’hui en l’Eglise, sur le sujet de la grâce.

2° En quoi consiste ce différend, qui est que l’ancienne opinion de l’Eglise est que Dieu donne à tous les hommes, tant fidèles qu’infidèles, des grâces suffisantes pour se sauver, et que l’on peut consentir ou refuser ces grâces. Et ceux qui tiennent les opinions nouvelles soutiennent qu’il n’y a pas des grâces suffisantes qui soient données à tous les hommes, qu’il n’y en a que d’efficaces, qui sont données à peu de personnes, et que ceux auxquels elles sont données n’y peuvent résister.

3° Les raisons pour lesquelles nous croyons, comme a fait l’Eglise jusqu’à présent, qu’il y a des grâces suffisantes données à tous et qu’on y peut résister.

4° Les raisons des adversaires.

5° Les moyens de se confirmer et persévérer dans l’ancienne croyance de l’Eglise.

I. — Quels sont les motifs que nous avons pour nous instruire du sujet proposé?

i° Que l’on est en danger d etre trompé, en cas d’opinions nouvelles, et de suivre l’erreur au lieu de la vérité;

Document 48. — Doc. aut. — L’original appartenait en 1913 à M. Lacaille (Paris, boulevard Malesherbes, 5o), chez qui nous en avons pris copie. Le développement de la cinquième partie fait défaut.

et c’est en ce sens que le Saint-Esprit dit que l’ignorant sera ignoré et qu’il périra en son ignorance *. Et c’est ainsi que plusieurs, faute de s’éclaircir à l’abord des opinions de Luther et Calvin, sont tombés dans l’erreur.

2° Qu'il y va. de notre salut, lequel consiste a croire tout ce que l’Eglise enseigne, et qu’en quelque façon, ceux qui ne veulent se faire instruire des choses de leur

salut tirent à leur damnation.

30 Qu’il y a sagesse de s’éclaircir, en cas de division, dans la religion, et témérité et grand danger d en user autrement.

En quoi consiste ce différend ?

Nous l’avons dit : que c’est de savoir si Dieu donne aux hommes, je dis à tous, tant fidèles qu’infidèles, des aides, que nous appelons grâces, pour se sauver; et que les hommes peuvent abuser de ces grâces et les rejeter. Et que ceux des opinions nouvelles tiennent le contraire : qu’il n’y a pas de grâces suffisantes données à tous, ains seulement d’efficaces, qui ne sont données qu’à quelques-uns, et que ceux à qui elles sont données n’en peuvent abuser en les refusant.

Et pour mieux entendre cette question, il faut noter qu’il y a environ douze cents ans que Pélagius soutenait que l’homme pouvait faire les œuvres nécessaires à salut par ses pauvres [moyens] humains, sans autre aide de Dieu que celle des prédications, lecture de bons livres, et semblables moyens extérieurs, qui nous portent à Dieu.

Que saint Augustin, qui lui était contemporain, s’opposa à ces opinions de Pélagius, et soutint que l’homme, par ses propres forces, aidé des moyens extérieurs de la prédication, etc., ne pouvait faire les choses

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