octobre
Lettre 87. — L. a. — Original au British Muséum , foreign frivate letters , Egleton 27, f° 166.
Et voilà, Monsieur, tout ce que je vous puis dire pour réponse à la vôtre, excepté que je prie Dieu qu’il bénisse le saint œuvre que vous entreprenez, qu’il sanctifie votre âme, qu’il soit lui-même votre récompense en ce monde et en l’autre et qu’il me fasse digne d’être, en son amour et celui de sa sainte Mère, votre très humble serviteur.
Suscription : A Monsieur Monsieur Colletot, prieur de la Forêt-le-Roi * 1.
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’ai fait voir votre lettre au Père de Gondy, celles de Monseigneur de Châlons à vous et la vôtre à lui h Or, toutes choses pesées et considérées, et à son grand regret, il est d’avis que vous obéissiez à Monseigneur de Châlons, pource qu’il estime que Dieu le veut ainsi, puisque c’est par l’ordre de celui qui est l’interprète de sa volonté au lieu où vous êtes. Or, telle étant la volonté de Dieu, revenez-vous-en, s’il vous plaît. Vous ne laisserez pas d’avoir la récompense que vous auriez si vous aviez instruit toutes les filles de ces quartiers-là. Oh ! que vous êtes heureuse de ce que vous avez ce rapport au Fils de Dieu d’avoir été, comme lui, obligée de vous re-
i. Mot de lecture douteuse.
Lettre 88. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original,
i. Le saint veut dire évidemment : j’ai fait voir au P. de Gondi la lettre que vous m’avez adressée, celles que l’évêque de Châlons vous a écrites et votre réponse à ce prélat.
tirer d’une province où, Dieu merci, vous ne faisiez pas du mal ! Le R. Père de Gondy vous remerciera ici de la peine que vous avez prise et vous témoignera le sentiment qu’il en a, ; et moi je vous prie de ne pas entrer dans l’opinion que cela se fasse par votre faute. Non, ce n’est pas cela, ains une pure disposition de Dieu, pour sa plus grande gloire et pour le plus grand bien de votre âme. Ce qui davantage est relevé en la vie de saint Louis, c’est la tranquillité avec laquelle il s’en revint de la Terre Sainte sans avoir réussi selon son dessein ; et peut-être que vous n’aurez jamais occasion en laquelle vous puissiez plus donner à Dieu qu’en celle-ci. Usez-en donc selon la mesure de la grâce que Notre-Seigneur a toujours fait paraître en vous.
Mademoiselle Sevin vous écrit comme elle vous prie de vous pourvoir d’un autre logis. Vous pourrez aller descendre chez Mademoiselle du Fay et y demeurer j usques à ce que vous ayez un logis qui vous soit propre. Cette bonne Mademoiselle Sevin y travaillera 2.
Pour les cinquante écus, gardez-les ; vous aviserez ici comme vous en ferez. Monsieur votre fils s’est retiré au collège ; il se porte fort bien et fait de même.
Je salue très humblement Monsieur le curé, Monsieur Ferrât et Germaine et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.