A ISABELLE DU FAY
Mademoiselle,
[Entre 1626 et i635 *.]
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Ces lignes seront pour vous donner de nos nouvelles et pour en apprendre des vôtres. Pour les nôtres, elles sont telles que, Dieu merci, je me porte toujours de mieux en mieux ; et n’eût été quelques petits ressentiments de fièvre, qui m’ont repris depuis un jour ou deux, je vous serais allé remercier de tant de charité que vous m’avez faite.
Et pour vous, comment vous va-t-il, Mademoiselle ? Etes-vous en meilleure santé que ces jours passés r
Lettre 99 — Reg. 1, f° 6g. Le copiste note que l’écriture de l’original était celle de saint Vincent.
1. Le nom de Mademoiselle du Fay ne paraît dans aucune des lettres qui sont certainement postérieures à l’année 1635 ou antérieures à 1626.
Etes-vous plus forte ? Mais ménagez-vous mieux votre santé que par le passé ? Et le cœur est-il bien généreux ? Se laisse-t-il point abattre quelquefois ? Pour l’amour de Dieu, Mademoiselle, fortifiez-vous bien en l’une et en l’autre manières, afin que vous serviez Dieu en sainteté et justice longues années.
Au reste, je vous supplie me mander où Ton achète les disciplines, pource que j’en ai besoin d’une douzaine ; mais il n’est point besoin que vous me fassiez réponse à présent ; il suffira que ce soit dans un jour ou deux.
Je salue de tout mon cœur le bon M. de Viney 2 et suis à vous et à lui, en l’amour de Notre Seigneur et de sa sainte Mère, votre très humble serviteur.
Vincent Depaul.